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TEMPLE OF BAAL "Traitors to Mankind"
(oaken shield -- 2005)
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Ce nouvel album des Français de Temple Of Baal est vraiment une grande foire. Pas au sens péjoratif du terme, mais bien au sens premier : on y trouve rigoureusement de tout. La seule constance de ce disque est le changement radical qu'il opère comparé aux livraisons précédentes du groupe, autrefois beaucoup plus porté sur les trademarks traditionnels du black-metal. Car au-delà de cette caractéristique fonctionnelle commune des titres, il est incontestable que cela part rigoureusement dans tous les sens. Du black viscéral le plus orthodoxe ("Graveyard of disgust", "Bitter days") au thrash le plus typé ("Under the spell") en passant par des passages très carrés, pour ne pas dire speed-rock, tout y passe. Manifestement soucieux de réellement brouiller les pistes, le groupe se permet même de parsemer ses titres de solos de guitare qui n'ont rien, mais alors strictement rien à voir avec l'acception classique du true-black. Au rang des bizarreries, j'ai même noté des réminiscences Alastis ("Bleeding through"), Massacre voire Paradise Lost époque "Gothic", des gimmicks, comme ça, fugaces, mais indubitablement ressentis. Evidemment, ça change ! Dire que ces innovations tombent à plat serait rigoureusement mentir. D'autant que le groupe a tout de même su conserver, au travers du son et du chant, excellent, un background foncièrement underground ('manquerait plus que ça !) et noir. Mais la conséquence de cette variété est hélas classique : l'ambiance est quasiment aux abonnés absents et seuls, donc, le son et le chant, parviennent à maintenir une unité climatique de façade. Ce disque ne fout absolument pas les jetons. Il intrigue, il distrait, il fait même, avouons le, souvent plaisir. Mais il n'installe aucune sensation d'effroi ni de soumission, ce qui pour un disque de black est tout de même très gênant. On est passé à côté de quelque chose de très fort, mais un trop soudain lâcher de bride l'a hélas repoussé à plus tard.
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - avril 2006