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S'il était besoin un jour de personnifier l'injustice musicale, Supuration serait à coup sûr choisi. Voilà un groupe qui depuis 10 ans sort méthodiquement des disques d'une tenue exemplaire et qui, malgré cette qualité incontestable, ne parvient pas à passer à la vitesse supérieure en termes de ventes. Inouï. D'autant plus que sur le fond, chacun s'accorde à les trouver géniaux. Eh bien, alors, achetez, que diable ! Cet album est à cet égard parfaitement édifiant. Il est excellent du début à la fin et si l'on excepte une production qui, sans être foncièrement mauvaise manque néanmoins de tranchant (imaginez le disque produit par Colin Richardson !), rien ne souffre la critique. Le style musical constitue une relecture hyper-originale des canons du thrash-death, passés à la moulinette d'une inventivité débridée qui apporte ici une touche voivodienne, là un aspect fondamentalement dark. Les morceaux de bravoure ne manquent pas et "The elevation", "1308.JP.08" ou "The cube" ont constitué d'emblée des classiques que le public reprend désormais systématiquement en choeur lors des concerts. Une autre originalité réside dans l'alternance des voix death et claires, à la façon de Fear Factory ("Soul of a new machine" est sorti depuis quelques mois). Après l'ensemble assez progressif constitué du duo de titres "Spherical inner sides-The accomplishment", le disque s'achève par deux bombes mélodiques, "4TX.318 " et "The dim light" qui enfoncent le clou des harmonies de guitare qui tuent, un peu à la manière du génialissime "Brave murder day" de Katatonia. Ce concept-album au design glacial est sans aucun doute de ceux qui ont le plus fait avancer les choses dans la sphère (arf arf !) du metal extrême. Essentiel. Et Français ! |