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Ce
qui frappe d'emblée est le son énorme dont bénéficie cet album.
Pas de doute, Sup sait parfaitement tirer le meilleur parti
des moyens mis à sa disposition. Leurs prestations scéniques,
en général saisissantes, en sont la meilleure illustration.
Comptant deux frères dans ses rangs, il était fatal qu'un jour
ou l'autre, le groupe se penchât sur le concept de la fratrie.
C'est ici chose faite dans cet album qui évoque l'histoire de
deux jumeaux, dont l'un voit défiler le temps d'une drôle de
façon, d'où des rancards manqués, des surprises et tout plein
d'aventures très bizarres... Et le fait est que l'agencement
des titres rend très bien ce concept d'écoulement inversé du
temps, d'incompréhension. Comme d'habitude avec Sup, et ça c'est
du génie, l'ambiance générale colle parfaitement au thème de
l'album. Sur le plan purement musical, cet opus marque un durcissement
par rapport aux deux précédents. Les voix death, puisque vous
savez maintenant que c'est un des baromètres "supiens", sont
redevenues très présentes. Et c'est ce qui fit dire que cet
album reprenait la veine du premier. Ceci n'est pas tout à fait
exact car en 6 ans Sup a accumulé les expériences et n'est pas
groupe à les rayer subitement pour se plonger dans un vulgaire
trip revival. On remarque donc des titres très originaux tels
que le gothique "Room eleven", les excessivement lents et douloureux
"Chronophobia" et "Strange impulse" ou le mécanique "Overwheming
lethargy" (le passage "like an eagle on a mountain top ..",
répété ad lib, génial). A noter également l'efficacité
avec laquelle le groupe rend la sensation de glaciation sur
les trois derniers morceaux, dont c'est justement le thème.
Avec cet album, Sup enfonce un nouveau coin dans le registre
de la musique sombre et renvoie un certain nombre de prétendus
groupes dark à leurs chères études (d'Allemand). Il fallait
que cela fût dit. |