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SUP "Chronophobia"
(holy records - 1999)
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Ce qui frappe d'emblée est le son énorme dont bénéficie cet album. Pas de doute, Sup sait parfaitement tirer le meilleur parti des moyens mis à sa disposition. Leurs prestations scéniques, en général saisissantes, en sont la meilleure illustration.
Comptant deux frères dans ses rangs, il était fatal qu'un jour ou l'autre, le groupe se penchât sur le concept de la fratrie. C'est ici chose faite dans cet album qui évoque l'histoire de deux jumeaux, dont l'un voit défiler le temps d'une drôle de façon, d'où des rancards manqués, des surprises et tout plein d'aventures très bizarres... Et le fait est que l'agencement des titres rend très bien ce concept d'écoulement inversé du temps, d'incompréhension. Comme d'habitude avec Sup, et ça c'est du génie, l'ambiance générale colle parfaitement au thème de l'album. Sur le plan purement musical, cet opus marque un durcissement par rapport aux deux précédents. Les voix death, puisque vous savez maintenant que c'est un des baromètres "supiens", sont redevenues très présentes. Et c'est ce qui fit dire que cet album reprenait la veine du premier. Ceci n'est pas tout à fait exact car en 6 ans Sup a accumulé les expériences et n'est pas groupe à les rayer subitement pour se plonger dans un vulgaire trip revival. On remarque donc des titres très originaux tels que le gothique "Room eleven", les excessivement lents et douloureux "Chronophobia" et "Strange impulse" ou le mécanique "Overwheming lethargy" (le passage "like an eagle on a mountain top ..", répété ad lib, génial). A noter également l'efficacité avec laquelle le groupe rend la sensation de glaciation sur les trois derniers morceaux, dont c'est justement le thème. Avec cet album, Sup enfonce un nouveau coin dans le registre de la musique sombre et renvoie un certain nombre de prétendus groupes dark à leurs chères études (d'Allemand). Il fallait que cela fût dit.
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - avril 2002