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Summon
n'est certes pas le plus connus des groupes de death/black,
mais qu'on ne s'y trompe pas, il s'agit d'une pointure (et c'est
pas du 36, croyez moi !). Américain comme il se doit en pareille
maison, il triture les influences de plusieurs des groupes originaires
de son beau pays : Slayer et Morbid Angel sont les deux auxquels
on pense le plus fort. Il y ajoute des riffs qui n'auraient
pas déparé dans "Kill'em all" et un fatalisme hérité d'autres
vaillants exemples, européens cette fois : Satyricon et Immortal
dernière mouture. Le résultat, servi par une production parfaite,
est très au-dessus de toutes ces pitoyables daubes neo-death,
neo-thrash, ou, inversement, rétro-machin. Car Summon se situe
clairement dans une optique d'exigence qui lui permet de dépasser
le simple stade du groupe qui a bien appris sa leçon. Ce disque
est tout sauf un vain exercice de technique démonstrative (et
pourtant, je vous le dis, ça balance dur). Il est noir, corrosif,
entreprenant, entêté. Extrême, dans tous les sens du terme.
Extrême parce qu'il agresse. Extrême aussi, et ça, j'aime, parce
qu'il va systématiquement au bout de ses idées, n'en laisse
jamais aucune sur le bord du chemin. Les mecs ont réfléchi,
poussé leurs plans jusqu'à leur issue et se sont retroussés
les manches pour accoucher tout ça dans les meilleurs conditions
de technique et de production. Si ce disque n'est pas innovateur
dans le style qu'il aborde, il est en revanche vierge de tout
plagiat, les riffs étant faits maison, sans pompage. Il me fait
en ceci penser au dernier album de Nephast (sorti en 2004) :
du travail, de la rigueur, de l'exigence et un bagage énorme.
De vrais artisans, très pros et amoureux de leur oeuvre. Une
fois admis le fait que les génies sont rares et les genres balisés,
on apprécie ce genre de groupe bosseur à sa juste valeur. |