Voilà
un retour qui ne devrait pas passer inaperçu. Et par là même
réjouir la horde de fans transis, attendant depuis quasiment
dix ans le come back de ces légendes du death metal outre
Atlantique. Artisan et fervent défenseur d'un style résolument
traditionnel, ne souffrant aucune concession moderniste, Suffocation
connut son heure de gloire au cours de la décennie précédente
avec des albums hautement recommandables tels l'exquis "Effigy
of the forgotten" et le non moins essentiel "Pierced from
within" à l'époque sortis chez Roadrunner. Et à vrai dire,
la signature de ces vétérans avec Relapse n'est en rien une
surprise aujourd'hui, car ce label semble être le plus à même
de leur offrir les meilleurs conditions pour une résurrection
optimale, au vu du catalogue death/grind prestigieux qu'il
possède. Le contexte actuel est également favorable à ce retour
imprévu, car le metal extrême jouit actuellement d'une popularité
sans précédent qui peut rappeler, dans une certaine mesure,
l'âge d'or de ce style au début des années 90. Les ingrédients
sont donc réunis pour faire de cet album le digne successeur
de ces prédécesseurs et entériner durablement le nom du groupe
au panthéon des retours réussis. L'objectif est quasi atteint,
car les huit titres de cet album sont vraiment bons, illustrant
à merveille les aptitudes de Suffocation dans la création
d'un style unique, complexe et technique, caractérisé par
une brutalité sans limites et une lourdeur réellement pesante,
le tout produit de main de maître avec ce son "floridien"
si typique, étouffé et compact en diable. D'un pur point de
vue musical, des titres comme le dévastateur "Deceit" ou "Demise
of the clone", justifieraient à eux seuls l'achat de cet album,
néanmoins une certaine linéarité, seul défaut que Suffocation
traîne depuis ses débuts, se fait ressentir de temps à autre,
la faute peut-être à un rythme obstinément rapide du début
à la fin de l'album, sans adjonction de variations suffisamment
perceptibles pour rendre le tout plus digeste pour le commun
des mortels.
Quant à l'artwork, magnifique et obscur, signé Dan Seagrave,
il se situe dans la droite lignée des autres réalisations
du groupe et colle à merveille avec le concept artistique
développé par le groupe.
En
résumé, ceux et celles qui appréciaient cette formation auparavant
ne seront en rien déçu car ce "Souls to deny" est en tous
points conforme à leurs attentes, mais je doute que de nouveaux
fans soient conquis, la faute peut être à l'application stricte
et bornée d'une recette qui a déjà fait ses preuves sans réelle
prise de risques. Mais cette indéniable fidélité sera-t-elle
suffisante pour asseoir durablement ce come-back et renouveler
l'auditoire du groupe ?