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Sur le plan historique, ce disque est avant tout le témoignage d'une époque bénie pour votre serviteur (enfin, hein, "serviteur", on se comprend), celle où le genre à la mode n'était pas le néo-metal mais le rock à tendance industrielle. Celle où des groupes d'indus inconnus tels que Stabbing Westward sortaient leur premier album chez une major, se faisaient produire par John Fryer et partaient en tournée avec Killing Joke... Cette époque est à l'évidence révolue mais il nous en reste le principal : les disques. Et celui-ci n'est pas piqué des vers. Produit, donc, par le pote de Reznor, John Fryer, cet album dispose d'un son impeccable, bien profond, point trop clinique, rock pour ainsi dire. Ce qui permet au groupe de développer sereinement son style fait de riffs puissants et de percus façon Jane's Addiction, le tout dans un enrobage électronique du meilleur effet. Privilégiant tantôt les ambiances sombres et tribales ("ACF", "Ungod", "Red on white", "Can't happen here" et sa splendide montée en tension), tantôt des titres franchement portés vers l'agressivité ("Nothing", "Lies", "Violent mood swings"), tantôt encore un groove remarquable ("Throw", "Control"). Un album très varié donc, dont les titres ont pour point commun un souci constant de mélodie et d'efficacité, même lorsqu'ils s'étirent en longueur ("Ungod", "Can't happen here"), grâce au très bon travail effectué aux percussions par le batteur hors pair qu'est David Suycott. Stabbing Westward parvient en outre, fait marquant, à faire preuve d'originalité dans son inspiration, c'est à dire à ne point trop pomper Nine Inch Nails. Eminemment recommandable. |