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Premier
album du compositeur principal des légendaires Third And The
Mortal, Trond Engum, "Rivers of broken glass" fait la part belle
à un metal atmosphérique innovant et mystérieux, dans la droite
lignée de ses travaux précédents. Et, effectivement, on retrouve
ici cette prétention identique à créer une musique profondément
différente des standards actuels, symbolisant à merveille la
recherche d'un aboutissement artistique total et résolument
hors du temps et des modes. En l'occurrence, cet aboutissement
se caractérise par la mise en place d'ambiances délétères, de
climats d'une froideur typiquement nordique, de guitares aériennes,
quasi cosmiques et surtout d'une batterie menaçante, lancinante
et monolithique, faisant écho à des parties de chant féminines
et masculines angéliques. Tout au long de ces dix titres féeriques
et incantatoires, il est possible de ressentir la froideur du
pays d'origine du compositeur, les angoisses, les peurs et la
solitude de cet être tourmenté, en proie à des démons qu'il
exorcise par le biais de ce nouveau projet ambitieux. Après
tout, qu'était-on en droit d'attendre de la part d'un ex-membre
de Third And The Mortal ? Du néo metal fadasse et positif, lardé
de bons sentiments et d'une joie de vivre au rabais ? Certes,
les chiffres de vente n'auraient pas été les mêmes mais n'y
aurions nous pas perdu au change ?
Finalement, peu importe, car c'est un réel plaisir de retrouver
ce bon vieux Trond au sommet de son art, d'autant plus qu'il
est appuyé dans cette nouvelle démarche par un autre allumé
notoire, Davide Tiso, du groupe italien hystérico-hardcore Ephel
Duath, accessoirement propriétaire du label Amaranth. Ce même
label qui devrait d'ailleurs nous abreuver prochainement de
nouvelles sonorités avant-gardistes dont je me délecte à l'avance.
Pour une fois que quelqu'un ose innover et prendre des risques
en matière de metal au sens large, je ne vois pas pourquoi je
m'en priverais. Pas vous ? |