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SOULFLY "Prophecy"
(roadrunner - universal)
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Mine de rien, Soulfly poursuit son petit bonhomme de chemin depuis le clash interne qui eut lieu au sein de Sepultura, il y a très exactement sept ans de cela. Durant cette période, l'ex frontman du mythique groupe brésilien s'est toujours employé à adopter une ligne de conduite musicale précise, variant rarement d'un album à l'autre. Alors forcément on peut se demander si tout cela ne commence pas à tourner en rond, attendant en vain un éventuel renouvellement du fond de commerce de l'ami Max. D'un autre côté, on ne peut qu'être ébahi par l'acharnement dont celui-ci fait preuve pour garder et s'attacher l'adoration de ses fans ad vitam aeternam.

A l'image d'AC/DC ou Motorhead, Soulfly perpétue un style dont lui seul a le secret, offrant exactement sur chaque album ce que l'auditeur potentiel attend de lui, sans dériver d'un iota de son sacro-saint néo / thrash ethnique qui fit le bonheur du plus grand nombre lors de l'avènement de "Roots". Le succès et l'impact de cet album (plus de 130 000 exemplaires écoulés en France !) reste à jamais gravé dans le cœur de nombre d'entre nous, et même si les fans les plus intégristes du clan Sepultura se firent un malin plaisir de l'ignorer, il permit néanmoins d'étendre considérablement la notoriété du groupe et de projeter ce style de metal novateur et audacieux à des personnes pas forcément concernées de prime abord.

Pour en revenir à Soulfly, puisque c'est d'eux qu'il est question aujourd'hui (Sepultura étant considéré comme définitivement mort depuis la sortie de son dernier album), et bien n'ayez crainte, fans transis, "Prophecy" est exactement ce à quoi vous pouviez vous attendre, dans la droite lignée des trois précédents albums. Tout les ingrédients qui font le succès du groupe sont toujours au rendez-vous : basse ronronnante, riffs monolithiques, batterie pachydermique et vocalises toujours aussi savoureuses du frontman do Brazil.
L'imagerie pieuse est aussi de la partie avec un Max illuminé et encapuchonné, montrant le droit chemin à la manière d'un charismatique leader d'opinion.
Rassurez-vous, les parties ethniques sont bien là aussi, avec quelques trompettes, guitares sèches et plans reggae qui provoqueront l'effroi du fan de metal classique ! Je crois donc que tout y est…Ah non, j'omettais de préciser que Dave Ellefson se charge de quelques parties de basse sur les premiers morceaux, gage de qualité s'il en est, d'autant plus que ceux-ci sont excellents.
Inutile de parler de la production, celle-ci est rigoureusement identique, album après album, depuis le début de la carrière de Soulfly.

Vous voilà donc prévenus, cet album ne déroge en rien à la tradition, ceux qui aiment ce groupe depuis le début adoreront et en redemanderont certainement, les autres se contenteront de passer leur chemin et de poser leurs oreilles sur quelque chose d'un tantinet plus risqué et original.

 
Clem
Decibels Storm - mai 2004