

Sna-Fu - "Tonnerre Binaire"
Energique, violent, rock n' roll limite hard-core. Un chant hurlé qu'on peut vite comparer aux Suédois de Refused. Donc hard-core pour le côté vocal, je vous l'accorde, avec un léger côté bruitiste, voire low-fi sur les passages mélodiques à la « At the drive-in ». Un chant impressionnant car puissant et maîtrisé mais pas transcendant ni révolutionnaire puisque évoluant dans un genre enclavé dans sa spécificité où par définition l'amplitude en terme d'originalité niveau voix est vite atteinte. Seules les variations osées par des inflexions vocales parlées permettent d'entrevoir des esquisses créatives un peu plus perceptibles.
Du point de vue purement instrumental, ça se corse et quand ça se corse, c'est bien. En effet, il y a de la matière.
Pourtant, c'est simple, Sna-Fu fait du rock. Survitaminé voir amphétaminé. Inventif. Agressif mais avec un je- ne-sais-quoi de festif. Rien de lourd ni de sombre dans tout ça, juste fougueux à vous arracher les tympans, dans la lignée du groupe U.S « The Bronx » pour les connaisseurs : un punkcore mélodique travaillé sans oublier d'être bien sale.
Vous l'aurez donc compris, avec « Tonnerre binaire » Sna-fu est rentré dans la cour des grands. Aboutissement logique à la vue du parcours de ce groupe pour le moins largement remarqué et primé :
Lauréats et finalistes de nombreux tremplins (2002, 2005, 2006 2007), responsables d'un maxi (« Sna-fu », 2004) abreuvé de critiques dithyrambiques par la presse.
En définitive, ce qui est bien avec « Tonnerre binaire », c'est l'ambivalence : à l'impression parfois légitime, en écoutant l'album, de « déjà entendu » (« dilligence ») vient contrebalancer une fraîcheur et une pugnacité salvatrice vous emportant sur les chemins qui mènent à l'extase (« robotoy », « cinnamon », « and ».).
A ne manquer sous aucun prétexte.