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King Crimson, Zappa, Gong, Faith No More, et Primus sont entre autres les divers farceurs dont le nom vient à l'esprit à l'écoute de cette réédition (bienvenue) d'un disque initialement paru en 2001. Et quand on sait, à la lecture de divers commentaires, que les prestations scéniques de Sleepytime Gorilla Museum s'inscrivent dans le genre théatral, avec intégration de spectacles de marionnettes ou de danse contemporaine, on comprend immédiatement que l'on se trouve face à ce qu'il faut bien qualfier de groupe "arty" jusqu'au bout du médiator. Pas forcément un bon point, a priori. Fort heureusement, ces gaillards san-franciscains évitent l'écueil de l'esbrouffe et ce qui sort de ce disque est 100% authentique, en tout cas, 100 % honnête. Commençons par le seul vrai reproche que l'on puisse leur adresser : leurs accès métalliques. Mais, bordel de merde, pourquoi vouloir donc introduire des gros riffs metal balourds au milieu d'ambiances qui n'ont pas besoin de ça pour être glauques et inquiétantes. Pourquoi alourdir la sauce quand on est capable de reproduire des atmosphères frippiennes époque "Lark's tongues in aspic" ? A mes goûts et avis, c'est en pure perte que Sleepytime Gorilla Museum tentait de s'inclure dans le périmètre métal. Ils sont de toute façon trop barrés pour y être acceptés comme membres à part entière, et ce devrait être pour eux une réelle fierté. Du reste, je ne connais pas la suite de leurs aventures, notamment leur second LP de 2004 ("Of natural history"), mais j'ose espérer que ce fut pour eux l'occasion de corriger ce trait, et que ce sera encore le cas dans leur nouvel album annoncé pour 2007. Car dans ce cas, il s'agira de grand art puisque ce groupe possède toutes les qualités pour devenir bien gros. Sens de la mesure, entre expérimentations et réalisme constructif, courage, richesse instrumentale, mixité des voix, production adaptée... Autant d'éléments qui plaident réellement en faveur de ce projet. Sans compter qu'ils ont l'immense qualité de ne jamais se laisser déborder par leurs capacités techniques manifestes. Ils savent notamment encadrer leurs délires dans des rythmiques serrées et, en règle générale, faire preuve de la rigueur qui caractérise tout ce qui est voué à la tête du peloton. Inutile d'en rajouter des pages : Sleepytime Gorilla Museum c'est du costaud. |