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Que peut on attendre d'un groupe qui compte dans ses rangs le chanteur d'Entwine et étiqueté "rock mélancolique", si ce n'est quelque chose d'exagérément mou ? Et c'est en effet ce qui nous est donné avec ce premier disque. "Deux de tension" pourrait sans mal constituer son sous-titre. Accroche gonflée, venant d'un fan de doom à 20 bpm me direz-vous... Sauf qu'ici, tout sent le bubble-gum goût fraise, l'émotion dégoulinante et l'œillade moirée aux midinettes pubères de frais... Mais ce disque possède cependant un petit quelque chose auquel mon objectivité proverbiale se doit de rendre grâce : il fonctionne ! Je dois en effet confesser qu'après une première écoute distraite vieille de déjà quelques semaines, j'avais remisé sa chronique à un jour de désœuvrement ultérieur. Et ce jour vint. J'entrepris donc une nouvelle écoute, et, à ma grande surprise, les titres pourtant seulement effleurés la première fois, m'étaient familiers. Ne soyons pas bégueules : ces mélodies atteignent amplement leur but et c'est sans gros effort qu'elles se figent dans l'esprit même le plus retors. Ajoutez quelques petites saillies bien senties telles que ce passage à la flûte sur "Pieces" ou ce vrai sens du hit sur "Fail" ou "Withdraw" et vous aboutissez à un bon petit disque. Certes bien humide, certes peu honnête, mais bien troussé et auquel on ne peut finalement reprocher qu'une tendance, sur certains titres ("Drifter", "Sound asleep") à donner dans l'inconsistance. Bref, n'est pas Anathema qui veut. Mais au-delà de cette lapalissade, on peut finalement dire sans crainte d'être contredit que Sham Rain atteint avec les honneurs les rives de l'émotion proprette et de la larmichette bon marché. Pour le malaise et la saleté, il faudra aller voir chez d'autres officines dont je tiens les noms contre enveloppe timbrée. Mais pour la balade tristoune et consensuelle d'après coït bucolique, ce disque tient la distance. |