1- Une vive émotion.
Je me souviens encore avec émotion de la réception de l’album "Ante Christum", œuvre extrême et avant-gardiste qui m’avais permis de faire connaissance avec ces Polonais démoniaques, il y a environ deux ans de cela. J’avais, comme on dit vulgairement, "pris une claque" à l’écoute de ce subtil mélange de black et de death, quelque peu lesté d’électronique et volontairement bizarroïde comme pouvaient en témoigner des structures peu communes, alambiquées au possible. Ni une, ni deux, piqué par une vive curiosité, je pris ma plus belle plume, rédigeais sur une parchemin jauni quelques questions et envoyait le tout par pigeon voyageur à l’attention du leader de ce gang novateur. Qui se fît un plaisir de me répondre en un temps record. L’interview figure d’ailleurs toujours dans les archives du site, soit dit en passant.
Puis, j’entrepris une hibernation de bon aloi dans un placard poussiéreux, en attendant fébrilement (et au chaud) la nouvelle livraison de ces polonais déjantés.
Deux ans plus tard, voila "Terminus Ante Quem" qui déboule sans crier garde dans ma boîte aux lettres.
Une fois mes larmes séchées et mon slip changé, je dépose, avec une délicatesse extrême, empreinte d’un profond respect, cette rondelle (hum) sur ma platine avide de nouvelles sensations.
Une quarantaine de minutes s’écoulent, une éternité à vrai dire.
2- Un constat sans appel.
De groupe fantasque et avant-gardiste, Shadows Land s’est mué en une vulgaire formation de seconde zone, copie fadasse, prévisible et sans saveur de ses compatriotes de Behemoth. Tout ce qui faisait son charme et son originlalité est passé à la trappe : Exit les parties black, les riffs décalés et torturés, l’ingéniosité de chaque break, l’atmosphère de folie sourde et rampante qui octroyait une aura maléfique à « Ante Christum ».
Ici, tout n’est "que" death métal classique, vu et revu, digéré puis régurgité, maintes fois magnifié par ces mêmes Behemoth et Vader, sans la moindre lueur de génie, sans le moindre soupçon d’originalité, calqué à l’identique sur les dernières œuvres des maîtres Slaves et incontestés du brutal death !
Pourquoi alors tenter (vainement) de reproduire à l’identique ce que d’autres ont déjà réussi à sublimer ? Pourquoi se contenter d’un simple copier/coller alors qu’un créer/innover serait tellement plus appréciable ?
J’ai déjà ma petite idée là dessus au vu du succès grandissant de ses compatriotes de Behemoth … et alors ? Shadows Land serait-il tout simplement un groupe opportuniste ? J’ai du mal à m’y résoudre…mais c’est la seule explication que je trouve à l’évocation de cet incroyable gâchis que constitue « Terminus Ante Quem ».