Premier
constat : Aux quatre coins de l'Europe, le death
mélodique marche du feu de dieu, suscitant des vocations ça
et là, souvent motivées mais rarement plébiscitées. La faute
à un niveau technique souvent limité alors que ce style ne
pardonne rien en la matière ? La faute à des ambitions démesurées
qui ne trouvent d'échos qu'en des productions somptueuses
et inaccessibles, malheureusement réservées à une élite triée
sur le volet ? La faute à des labels peu scrupuleux qui sortent
par wagon sentiers des albums sans intérêt, calqués l'un sur
l'autre avec en seule ligne de mire une motivation purement
mercantile, bassement intéressée ?
Second
constat : Il est de bon ton désormais de s'acquitter
de son album de death mélodique, soit par pur souci de renouvellement
de son auditoire potentiel, soit par une volonté irrésistible
de sortir de son underground initial. Les deux démarches restant
passablement liées à une optique de 1) résurrection (option
valable pour les groupes qui traînent leurs guêtres depuis
un certain temps et qui n'ont jamais rencontré un succès qu'ils
estiment légitime) ou 2) éclosion (option valable pour les
groupes qui viennent de sortir leur démo et qui nourrissent
d'immenses espoirs à la veille de voir paraître, enfin, leur
premier album, tout en rêvant de se faire une place au soleil
aux côtés des plus grands).
Troisième constat : Il est moins risqué de
sortir un album moyen, voire médiocre de death mélodique,
lourdement lesté de heavy metal, qui trouvera toujours une
caisse de résonance sur un public certes volatile mais friand
de nouveautés plutôt de s'employer à créer quelque chose de
neuf, avec comme credo l'innovation et la prise de risques,
aussi bien sur un plan purement artistique que commercial.
La majorité des groupes qui se sont frottés à la dernière
possibilité ont, soit réussi à s'imposer en tant que leaders
incontestables (c'est une minorité) soit échoués et ont dans
la foulée splitté, et/ou se sont alors imposés une reconversion
professionnelle hasardeuse (c'est la majorité).
Quatrième et dernier constat : A la lumière
des trois premières constatations, il m'est possible de caser
Serpent Soul dans la catégorie des "jeunes" groupes, jouant
un death mélodique résolument convenu et prudent, venant d'accoucher
dans la douleur de sa première démo, possédant un niveau technique
acceptable sans être démentiel, ayant dépassé le stade de
l'autoproduction grâce à une signature providentielle avec
un label inconnu et projetant sans doute de s'extirper du
carcan underground afin de briller aux côtés de formations
reconnues. "Beyond humanity" constituant sa carte de visite
officielle, il est malheureusement de mon devoir d'informer
ces jeunes loups teutons que ses aspirations (qui n'ont rien
de nobles) ne sont pas, en l'état actuel des choses, concrètement
réalisables.
La
route est encore longue petit scarabée...