Malgré toute la bonne volonté des membres du groupe, les dernières livraisons de Sepultura avaient un petit goût de fin de parcours en roue libre, jamais très bon dès la première côte venue. Aussi est-il plutôt surprenant de voir débarquer les Brésiliens avec ce "Dante XXI" véritablement aussi infernal que son nom laisse le supposer.
Sursaut d'orgueil ? Inspiration soudaine ? Ce réveil tardif n'en est pas moins salvateur, tant ce concept album, dont les thèmes puisent dans la fameuse "Divine Comédie" de Dante Alighieri (d'où le titre), secoue, interpelle, étonne, bref fait plaisir. Au regard de la démarche, on peut d'ores et déjà parler d'un second "Roots" pour Sepultura, le groupe ayant une nouvelle fois redéfinit ses propres canons en terme de production et de composition.
Certes la patte Sepultura est toujours là, mais sert surtout à marquer les limites de ce grand chambardement que sont les 40 petites minutes de "Dante XXI" : 15 titres dont un tiers d'instrumentaux, des parties de cuivres et des ambiances orchestrales, du piano, des mélopées tibétaines : Sepultura fait sa révolution culturelle. A ce titre les morceaux "False" et "Crown and Miter" sont particulièrement révélateurs de cette démarche : débutants comme un morceau de Sepultura "traditionnel", les titres prennent brusquement une nouvelle voie et font assaut de cuivres apocalyptiques.
Sepultura souffle le chaud et le démoniaque tout au long de l'album, passant du hardcore le plus brutal ("Dark Woods of Error") aux ambiances orchestrales ("Ostia"), en passant par du death-metal à la Obituary ("Fighting On") ou des titres à la production extrêmement travaillée, digne du "St Anger" de Metallica ("Repeating the Horror", "Nuclear Seven").
Cette avancée particulièrement audacieuse est toute à l'honneur du groupe et "Dante XXI" est véritablement un grand album.
Les fans, déjà divisés après le départ de Max Cavalera, suivront-ils ?