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SECRETS OF THE MOON "Carved in Stigmata Wounds"
(lupus lounge - 2004)
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Oui, je sais, ce disque est sorti depuis très longtemps. Mais je n'y peux rien si son promoteur s'est manifestement endormi avec le doigt dans le cul au moment de nous l'adresser... Et puis, chacun y étant déjà allé de son petit couplet à son sujet, je ne voyais pas pourquoi, moi aussi, je n'y aurais pas droit.
Alors, voilà, je le dis d'entrée pour mettre fin à l'insoutenable suspens : on est passé à deux doigts de la réussite totale. Et en disant ça, je me colle immédiatement à dos tous ceux qui ici et là l'ont déjà décrété disque du siècle et des 20 prochains à venir...
Ce disque est d'une ambition démesurée. C'est bien. Il contient des riffs de tueur et des passages orgasmiques ("Miasma", "Cosmogonis", "Evaluation valour admission", "Carved in stygmata wounds"). Il est épique, flamboyant, inquiétant, sans concession. Mais il en fait beaucoup trop. Certains breaks sont surnuméraires et je me fous qu'en disant ça on me traite de bas du front intoxiqué au Burzum. La production quant à elle n'est absolument pas à la hauteur de l'événement, trop légère, trop éparpillée, pas assez massive alors que le type de musique l'aurait justifié (car voyez vous, j'ai quand même bien compris que ce n'était pas du Darkthrone...). Par ailleurs, on ne peut que se louer que l'ensemble soit très instrumental car le chanteur ne convainc vraiment pas, sa voix étant trop "engoncée", sans éclat, à mille lieues des incantations et hurlements que l'on aurait pu escompter pour escorter une musique aussi ésotérique. Car, et il s'agit là en revanche d'une réussite majeure de ce disque : il fout les jetons. Il rend très bien la quête d'occultisme que ses auteurs ont manifestement poursuivie, et ce sans jamais tomber dans les travers cheap qui entourent parfois ces préoccupations : pas de clavier, pas de samplings orchestraux, pas de voix claires à deux balles. Non, on reste ici dans le costaud, le rugueux. Il s'agit donc d'un disque éminemment honnête, très satisfaisant, mais pas totalement convaincant. J'ai conscience qu'il est 100 fois meilleur que tout ce qui sort en black (ceci dit, et pour changer de sujet, j'ai senti le niveau nettement remonter cette année), mais c'est justement parce qu'il est impressionnant que j'aurais aimé qu'il soit parfait, ce qui n'est pas le cas.
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - octobre 2004