Dire que cela fait bientôt 4 ans que “Volcano” est sorti. Un album qui avait fait pas mal parler de lui que ce soit au niveau musical ou extra-musical (notamment par la signature sur une major). Mais Monsieur Satyr Wongraven se fout éperdument des modes, des critiques, des tendances, il continue son petit bonhomme de chemin.
Signé chez Roadrunner Records, ce nouveau méfait va encore faire parler de lui. Chers lecteurs, ne vous attendez pas à avoir des blast-beats à foison ici. Il n’y en avait peu, voir quasiment pas sur le précédent album, il y en a encore moins ici. D’ailleurs, les 2 premiers titres ont un feeling très rock. Ils sont mélodiques et accrocheurs. J’en vois déjà qui prennent peur… et alors ? Cela fait bien longtemps que Satyricon expérimente et ne se contente plus du style de black qui a fait sa réputation. Si ça vous manque, retournez écouter « Nemsis Divina »… sorti il y a 10 ans.
Et passés ces 2 premiers titres (ou plutôt devrais-je dire « hits », tant ces morceaux sont accrocheurs et pourraient toucher un public plus large…), on plonge dans la froideur et la noirceur jusqu’à la fin du disque.
« The Pentagram Burns » est un titre mid-tempo, mélodique mais vicieux, gorgé de riffs que n’auraient pas renié un Slayer sur "Seasons of the Abyss". « A new enemy » fait apparaître timidement quelques vocaux clairs, mais c’est pour mieux nous terrasser avec le chant haineux de Satyr.
La production est puissante mais sonne plus étouffée que sur « Volcano », surtout au niveau de la batterie, qui est de plus, légèrement en retrait (notamment sur la grosse caisse…). Ce qui n’empêche pas Frost de taper comme un bœuf avec ce savoir-faire qui lui est propre. Les guitares, elles, sont bien mises en avant, et nous permet d’apprécier les riffs tranchants des Norvégiens. Et il y en a du tranchant !
« To the mountains » conclut cet album de façon encore plus sombre. Ce morceau long et lent, a ce feeling vicieux et haineux typique du bon black norvégien.
Une fois terminé, le premier réflexe est d’appuyer à nouveau sur la touche play. C’est là que l’on réalise là que malgré leur côté « tube », « Now diabolical » et « K.I.N.G » n’en restent pas moins de purs morceaux de Satyricon. Aucune compromission là-dedans à mon goût.
L’album
« Now diabolical » est donc, à nouveau, une grande réussite artistique et avant tout un excellent album de black moderne et « grand-public ». Car Satyricon a réussi là où beaucoup ont échoué ou se sont fourvoyés. Satyricon a réussi à créer un album de black, de « pur » black « mainstream » sans avoir à utiliser de mélodies racoleuses, de chant féminin, de nappes de claviers ou d’ambiances gothiques. Satyricon est certes plus abordable mais reste néanmoins toujours aussi rugueux, venimeux et vicieux.
Excellent.