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SATAN'S HOST "Burning the Born Again (A New Philosophy)"
(moribund records -- 2007)
SATAN S HOST - Burning the Born Again (A New Philosophy) - cliquez pour agrandir l'image.
La bio indique sans détour que ce groupe aurait été fondé en 1977 ! Mince alors... Je n'en n'avais jamais entendu parler. Ceci dit, il semblerait qu'ils soient coutumiers d'un certain dilettantisme, car leur premier album a été publié en 1986, 9 ans après leur naissance, et celui qui est ici commenté aurait en fait été enregistré en 2003-2004, après des avanies que je me refuse à relater car ceux qui veulent du people n'ont qu'à s'abonner à Gala ! La mixture présentement servie par les ci-devant Satan's Host est à base de thrash pas finaud, très porté sur les riffs à la hallebarde et autres roulements de batterie. Et en plus, les morceaux se permettent d'être longs : du six, du sept, voire du huit minutes de derrière les fagots... Ces excroissances ne sont pas toujours raisonnables car le groupe se croit parfois obligé de rappeler qu'il a connu la période heavy moule-burnes en plaçant ici et là des riffs speed-metal tout pourris. C'est bien dommage, car les parties thrash pour primaires qu'elles soient, n'en demeurent pas moins prenantes avec leurs mid-tempos bien lobotomisants comme on les aime.
D'autant que le chant est parfaitement à la hauteur avec ses accents abrasifs et son phrasé incantatoire. Une vraie réussite de ce côté là. Lorsque tous ces éléments positifs se combinent, on aboutit à des morceaux qui créent des ambiances vraiment furibardes à la limite de l'occulte. On peut prendre l'exemple du sixième morceau, malsain comme tout. Dans ces moments là, on pense presque aux bons moments d'Ajattara. Sans déconner. A ce titre, le huitième morceau est également de toute première qualité, d'autant que les mecs prouvent qu'ils ont du répondant sur le plan technique. Ah, comme il serait confortable de se cantonner à une posture moqueuse vis-à-vis de ces éternels loosers satanistes. Mais je n'y arrive pas, car avec leurs riffs de mastodontes, leur production énorme et leur chanteur possédé, ils en remontrent à un certain nombre. Surtout que plus le disque avance et plus les références au métal des 80's se font discrètes voire carrément taisantes. On a en fait droit à rien moins qu'un métal doomy bien visqueux et barré, régulièrement lardé de solos pantagruéliques. Après, on se fout complètement de leur biographie trouée à la Jacques Vergès et de leur branlocherie éhontée. Ce disque tient foutrement bien la route et je prétends qu'il s'agit d'une sacrée trouvaille. M'étonneront toujours chez Moribund' !
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - novembre 2007