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SARPANITUM "Despoilment of Origin"
(galactic records -- 2007)
SARPANITUM - Despoilment of Origin - cliquez pour agrandir l'image.
Je sais, on ne vous l'a que déjà trop faite... Vous avez juré qu'on ne vous y reprendrait plus. Que plus jamais vous ne croiriez aux louanges ex-nihilo d'un obscur gratte-clavier, qui plus est un qui a montré son absolu mauvais goût en se pâmant récemment devant le nanard d'Amok... Alors aujourd'hui, quand le même s'apprête à tresser une couronne de lauriers à ce "next big thing" made in England (des Anglais en plus...), vous n'avez envie que d'une chose : sauter du train en route, zapper, ruer dans les brancards... Mais, là, je vous en supplie, faites pas votre tête de lard et croyez moi sur parole : ce disque tue ! Sarpantinum n'invente rien dans le milieu du death-metal, mais nom de Dieu, il casse le fil du collier, mélange les perles et remonte tout à sa façon. Sans se priver d'intercaler, de temps en temps, une petite boule noire puisée dans la boite d'à côté.
Oui, pris séparément, les éléments de cet album ne font pas dans le neuf : voix gutturale barnesienne, chorus morbidesques, blasts cryptopsyiens, dynamique vaderienne, épopée anatienne (Etienne, anatienne mon vieux !).
Mais voilà, je n'avais plus entendu une telle conviction, un tel naturel dans l'excellence depuis très longtemps. C'est simple, ça commence dès le premier titre, avec 30 pemières secondes à vous clouer au mur. Après, c'est solo sur break, riffs de boucher sur cavalcade pour char Panzer. Et quand, en plein milieu du 4ème titre, ils vous balancent sans crier gare des riffs lancinants quasi-black ponctués de solos de guitare et de claviers cryptiques, on reste littéralement sur le cul.
Ces quatre zozos ont réussi à agencer à leur façon les canons du genre pour aboutir à une ambiance occulte de fin du monde, à une impression de guerre sans merci. A ce stade, il convient de se prosterner devant l'une des sections ryhtmiques les plus dynamiques récemment entendues dans ce style. Le batteur est mûr pour rythmer les défilés de l'armée rouge et lorsqu'il s'acoquine à la guitare rythmique, c'est alors une véritable frénésie soldatesque qui s'empare de vous et vous pousse à entamer le pas de l'oie pour faire100 fois le tour du réduit qui vous sert de piaule en criant des chants anti-tout.
Je n'évoquerai le son que pour indiquer qu'il regroupe tout ce que DOIT être un son death digne de ce nom : puissance, clarté, rudesse et profondeur. Bien évidemment, ce petit monde dispose d'un bagage technique à faire pâlir d'envie 90 % de la production actuelle et, comble de l'écoeurement, ne l'utilise qu'avec mesure.
Ce disque est la quintessence du bon goût en matière de compositions et d'exécution : il n'en fait jamais trop, sait ne jamais franchir la limite qui sépare la bataille rangée du bruit.
Comme disait Jean-Pierre Marielle dans "Les galettes de Pont Aven" : "Nom de Dieu de bordel de merde : je bande !"
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - avril 2007