

Sadist - "Sadist"
Aahh.... Ceux-là aussi, ils ont bien fait de se reformer !!!
Sadist est au techno-thrash/death ce que le parmesan et le vinaigre balsamique sont à l'Italie. C'était vraiment dommage que ce groupe ait splitté en 2001, avec une discographie en baisse de vitesse puisque « Crust » avait été moyennement bon et que « Lego » n'avait pas été bon du tout. On ne pouvait pas se contenter seulement du fabuleux « Above the light » qui fut suivi de près par le dithyrambique « Tribe » qui reste, à mon goût, le meilleur album de Sadist...
Et donc, après une reformation en 2005, les voici qui reviennent avec un nouveau rejeton dont le titre est éponyme. Et quel album! On est loin des errements incongrus qu'il y avait sur « Lego », c'est vraisemblablement un retour à ce qui a fait la gloire de Sadist époque « Tribe ».
Au niveau du line-up on retrouve Tommy évidemment, Andy, ainsi que le vocaliste Trevor qui était arrivé sur « Crust » et enfin Alessio, présent depuis « Lego » : donc, finalement, un line-up assez stable qui n'aura été bousculé que par le split.
On commence l'album avec une intro aux influences indiennes et des percussions folk qui rappellent étrangement le début d '« India » sur Tribe. C'est sur « One Thousand Memories » qu'on retrouve le vrai Sadist avec des morceaux de guitares bien techno-thrash, tels des Coroner italiens. La basse est super présente comme à son habitude, le son est si propre qu'on distingue nettement tous les petits détails. La magie opère sur les ambiances bien groovy parfois limite jazzy qui font vibrer vos sens jusqu'à l'apothéose.
La voix de Trevor se fait criarde au possible comme du Chuck Schuldiner mais une octave au-dessus peut-être, ce qui vient trancher les morceaux comme un couteau hyper aiguisé qui viendrait découper la douceur d'une tranche de boeuf raffinée...
L'utilisation des claviers, abondante mais absolument pas débordante, s'approche beaucoup de « Tribe », on le constate surtout sur les titres « Tearing Away » ou « Kopto ». Le premier commence par une partie piano tandis que le deuxième, instrumental de toute beauté, se rapproche énormément du divin « From Bellatrix to Betelgeuse », sauf que par rapport à ce dernier, il offre un solo très heavy et suave qui ravira l'auditeur.
Ce côté « Indien » a toujours été un fil conducteur chez Sadist, car encore ce thème récurrent se fait sentir en début du morceau « Embracing the form of life ».....
Mais n'oublions pas ce qui fait la force de leur thrash/death technique, ce sont aussi les changements de rythmes très saccadés des guitares qui s'imbriquent les uns dans les autres, tantôt très complexes, tantôt plus simples, mais accompagnés de claviers qui dirigent l'ambiance. Les soli bien fournis ne sont pas non plus en reste.
Avec un total de 11 titres, l'album se termine par un instrumental portant le nom de « Sadist ». Ce morceau était déjà présent sur « Above The light », mais cette fois, la version est, d'une part, beaucoup plus courte (sur « Above The light » elle durait le double) et, d'autre part, beaucoup plus adoucie puisqu'il n'y a pas les parties guitares qui rendaient le morceau plus « Metal » (*).
En tous les cas, c'est un retour à l'essentiel et à l'efficacité pour Sadist...
* Le thème de ce morceau, qui est très inspiré de la saga des films d'horreur « Phantasm » réalisés par Don Coscarelli, fut repris à ma connaissance par trois fois : la première fut à la guitare par un vieux groupe, Vengeance, puis une autre version plus rentre-dedans par Entombed à la fin du morceau « Left Hand Path » et enfin par Dargaard sur l'album « The Dissolution of eternity ».