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RUNEMAGICK "Envenom"
(aftermath - 2005)
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Les Suédois de Runemagick ne sont certes pas les plus connus des doomsters. Ils sont pourtant là depuis 1990... Dans la grande tradition misérabiliste du genre, leur bio nous apprend, chose capitale, qu'ils ont failli signer un premier contrat en 1993 avec un label américain, mais que le projet tomba à l'eau en raison de la malhonnêteté du label manager... l'année 1993 fut donc une année de grande misère (la bio dixit, encore...). Et de fait, le groupe a du attendre une soudaine reformation en 1998 pour signer chez Century Media... Là, on se doute que tout ne fut pas non plus simple, car Century Media n'a pas du se fouler des masses pour promouvoir une musique aussi peu racoleuse... Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ces petites précisions ont leur utilité car on comprend que Runemagick a malheureusement eu le loisir de constater in vivo ce que leur musique tend à exprimer : la vie est pas cooooool.... Et du coup, on comprend mieux comment a pu naître dans des cerveaux a priori terrestres et humains des titres aussi vides de vie et de lumière. Car Runemagick va très loin dans le genre. Déjà, il y a la durée des morceaux. Si le troisième ne venait pas bêtement, avec ses huit pauvres minutes, faire tomber la moyenne, cette dernière pourrait être tout ce qu'il y a d'officiellement fixée à 13 minutes ! Mais attention, malgré ces petits accents moqueurs, je le concède, il y a cependant une réelle considération pour la musique de ce trio (c'est bien assez comme ça...). Car il flotte sur leur musique un goût épique et occulte qui leur permet d'aller au delà du minimal syndical doomeux qui se limite trop souvent à jouer le plus lentement et le plus longtemps possible. Ainsi, même si ce n'est pas toujours du meilleur goût, le chanteur-guitariste-leader éructe quelques lignes de chant clair et emphatique, incantatoires pour ainsi dire, qui renforcent le côté mystique de l'affaire. Pas de vie, mais tout de même une âme donc... allez comprendre. Moi j'ai renoncé. Maintenant, il ne faut quand même pas pousser : ce disque n'est pas la huitième merveille du monde et s'il parvient à transcrire correctement une ambiance fétide, froide et hostile, il manque tout de même singulièrement de brio et ne parvient jamais à se hisser à la hauteur des références que sont le premier album de Cathedral, Reverend Bizarre ou Unholy. Il distille cependant un parfum de messe noire qui le rend respectable. Ce disque est respectable.
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - mars 2005