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Pour ce disque, Rollins a engagé un bassiste noir aux allures de footballeur US, Melvin Gibbs, lequel donne une impression de force tranquille qui déteint sur la musique. Elle est en effet plus "ronde", plus feutrée que sur "The end of silence", tout en étant également plus puissante. "The end of silence" était une Ferrari à l'ancienne : capricieuse, imprévisible. "Weight" est plutôt du genre V8 Jaguar. Ceci dit, n'allez jamais chatouiller un jaguar de trop près, car sous ses airs de gros chat, il pourrait vous griffer, voire vous arracher un copieux bifteck. C'est ainsi que derrière une impression de feulement feutré ("Disconnect", "Shine"), ce disque recèle son lot de coups de griffes ravageurs tels que cette paire de titres homériques que sont "Divine object of hatred" et "Liar" et dans lesquels Rollins nous livre sa vision du bipède : lâche, menteur, peureux. Humain quoi. Et c'est à ce moment qu'il faut tout de même reconnaître que, non, le mérite des punks originels n'est pas uniquement de se faire convenablement écrabouiller la figure par les thrashers, mais également de ne jamais sombrer dans cette espèce d'angélisme qui polluera le discours de bien des groupes postérieurs (note : Henry Rollins a été le leader de ces saligauds de punks de Black Flag). Pour en revenir à nos moutons, ce disque étonne par son côté compact et rutilant, un peu comme une armée un jour de défilé. En témoignent les très puissants "Volume 4", "Icon" et "Fool". Rollins parvient ainsi à se renouveler avec brio sans jamais rien concéder de sa rage et de sa hargne, notamment grâce à la conservation de sa voix de bateleur dopé. Valeur sûre. |