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Rollins est un type radical. Quand il sent que les choses ne tournent plus comme il le souhaite, il n'hésite pas à tailler dans la mauvaise graisse du mammouth. Rollins président ! Il a donc viré l'intégralité du groupe précédent, même le surdoué guitariste Haskett, au profit de blancs becs inconnus officiant à leurs heures perdues sous le nom de Mother Superior. Ajoutez à cela la présence en tant qu'invité de son altesse Wayne Kramer, guitariste terroriste des défunts MC5, et vous admettrez que l'ensemble est bien intriguant. L'essentiel est cependant conservé : Rollins hurle toujours comme si sa vie en dépendait. Pour le "reste", et quel reste, il faut avouer que le changement est marquant puisque la musique s'aventure désormais dans un registre hard rock bourru mais raffiné que ne renierait pas, disons, un Spiritual Beggars au mieux de sa forme. C'est dire ! Avec ce côté groovy qui a toujours marqué la musique de Rollins. Je le dis tout net, ce disque m'a véritablement botté par sa fraîcheur, son côté incisif et roboratif. Un vrai bonheur de remontant. Il est en outre dépourvu de toute baisse de régime et fait merveille par son équilibre qui, pour paraître évident, n'en est pas moins le résultat d'un profond travail de composition. Il se clôture par une remarquable jam heavy funk de 14 minutes, non répertorié sur le livret, et qui s'écoute sans que jamais l'on ne regarde sa montre. Ce disque est un véritable petit bijou ciselé qui en remontre à tous les petits jeunes de la vague stoner avec ses solos de guitares rockant en diable et ses riffs profondément vivaces. Moi je dis MONSIEUR ROLLINS ! |