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Projet parallèle d'Al Jourgensen, Paul Barker et Chris Connelly, de Ministry, et de Luc Van Acker, de Front 242, Revolting Rocks est un incroyable monstre tout entier dévoué au Dieu Rythme. En témoigne "Gila copter", "Creep" et "The rockabye" ces longs titres créés autours d'un beat central, lent et hypnotique, ponctuellement réhaussé d'un touche de guitare histoire de métalliser un son déjà hautement agressif. Il y a aussi ces bombes thrashy que sont "Mr lucky" et "Butcher flower's woman" qui font penser à du Ministry qui aurait pour ambition de faire danser. Tout ce petit monde est servi par une production exemplaire, qui n'a pas pris une ride en près de dix ans et qui relègue au rang d'avorton ce qui a pu sortir depuis dans le même style. Car le son est d'une richesse insensée, mêlant d'innombrables sonorités dans un magma qui, pour être dense, n'en devient pour autant jamais indigeste. Et c'est ici que l'on retrouve le sens de la mesure et de la précision qui fait la force du divin Ministry. Rien n'est en effet laissé au hasard dans ce qui ressemble fort, en fait, à une entreprise guerrière de conquête. Le groupe parvient même à transfigurer le hit disco de Rod Stewart, "Da ya think i'm sexy ?", démontrant ainsi que, bien mené, tout, je dis bien tout, peut être source de délice et de comblement. Car cette musique comble, emplit, galvanise. Cet album compte parmi les plus belles réussites de la musique industrielle et il convient de lui restituer son rang parmi les chefs-d'oeuvre les plus aboutis de la scène underground américaine. Il se termine par le morceau éponyme de neuf minutes, long détournement des rythmes rock'n'roll des années 50, comme si Bill Haley avait utilisé les séquenceurs et s'était mis aux paroles porno. Un monde à part vous dis-je... |