

Pestifer - "Age of Disgrace"
Il y a des milliards d'années une cellule donnait la vie, pour en arriver maintenant à une humanité auto-destructrice. Pour la faire plus courte, en 1998, naissait l'embryon de Pestifer, sous des formes différentes telles que Burgus et Salmonellose pour après arriver en 2004 à symbioter avec un nouveau membre et réaliser la phase finale de son développement en 2005 avec un chanteur et au moins 10 morceaux. C'est ainsi que naquit leur première démo 3 titres en 2006.
Encore deux ans plus tard, l'évolution est en marche et personne ne l'arrêtera, 2008 deux nouveaux membres.
Moralité deux ans plus tard et une démo Pestifer avance des arguments de poids avec un album auto-produit qui porte le doux nom de « Age of Disgrace ».
Un album avec que du nouveau matériel, rien de réchauffé depuis les années, parce que le micro-ondes c'est bien mais ça ne vaut pas une cuisson au four électrique.
Et sur ce « Age Of Disgrace » pèse les années de sévices dues à de longues écoutes de Pestilence, de Death, de Atheist et autres groupes très techniques.
En effet à coup de basse bien surchauffée et mise en avant effrontément, vu que Adrien Gustin a l'air plus de jouer comme un guitariste plutôt qu'un bassiste, et à coups de blasts assez agressifs et massifs, l'album se déroule sans accroc.
On comprend bien que Pestifer ne veut pas simplement jouer du death metal, non ils veulent frapper fort dès le premier coup. Si les rythmiques sont puissantes mais parfois un peu trop violentes pour le style, on reste malgré tout impressionné par le travail des thèmes techniques qui nous rappellent indubitablement le Pestilence de « Testimony of the ancient » et « Sphères ».
ça reste de l'excellent travail, d'autant plus que sur certains solos, comme sur « Tentacles of damnation », ça sent le Schuldiner à plein nez les enfants. Mais c'est vraiment bien fait, exceptionnellement bien fait.
Démonstration de style, sans tomber dans le tout plein la vue avec trop de complexité incompréhensible.
C'est un album qui nous rappelle combien le death metal peut être varié, avec des mélodies qui par moment valent les innombrables variations de Gorod. Pestifer préfère, tout en montrant son attrait pour la technique, malgré tout produire une musique qui reste dans le death metal percutant avec pas mal de passages virulents au martelage brutal.
Mais on prend quand même un énorme pied avec cet album, et ce « Age of disgrace » m'a l'air d'être taillé pour les amateurs de death old school qui apprécient particulièrement la technique. La prod réalisée par Jéremy Stoz (Mammouth Production) ne pêche pas non plus et l'artwork réalisé par David Caryn nous confirme délicieusement cet aspect old school remarqué sur la musique.
Pestifer mérite une signature, ce death metal n'est pas légion et le potentiel est là. On a pu les voir en ouverture de Watain ou Destroyer666 et prochainement au mois de mars 2011 avec Nemost et Methnakriss à Paris.
Un gros travail de haute qualité fourni, pour un résultat assurément proportionnel.
Intéressez-vous, ça vaut le coup.