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Chronique et review de l’album Self destructed de The Oath.

The Oath

"Self destructed"

(code666 - 2010)

pochette de l’album Self destructed de The Oathimage élargie – pochette de l’album
The Oath - "Self destructed"
C'est souvent comme ça, beaucoup de groupes talentueux passent un peu inaperçus et traversent les années sans avoir eu de gros succès, mais en réunissant quelques fans sincères de l'underground. The Oath a fêté ses dix années d'existence et c'est avec ce troisième album intitulé « Self-Destructed » que le groupe aborde cette nouvelle décennie sereinement.
Environ deux ans après la sortie de « 4 », on constate que The Oath a pris un léger tournant pour améliorer encore un peu plus leur black/death parfois symphonique.
Pourtant par rapport à son précédent, il reste malgré tout deux constantes. D'une part c'est la seconde signature avec le label italien Code666, preuve de fidélisation et certainement de qualité, et d'autre part, ils sont de nouveau allés au Kohlekeller studio en Allemagne bosser avec Kristian « Kohle » Kohlmannslehner (et si vous ne connaissez pas, vous pourrez écouter l'album de Another Perfect day « The Gothenburg Post Scriptum), écrit par Mr K lui-même, un véritable petit bijou).
Hormis le fait que The Oath reste bien accroché à Keohlmannslehner qui fait effectivement un superbe travail, on sent que The Oath a mis une nouvelle corde à son arc.
Le sombre est toujours là, ce côté très noir du black/death du groupe, mais le chant de Pierre a largement muté vers quelque chose d'encore plus profond. Il a gardé ses hurlements gutturaux, mais a beaucoup travaillé son chant clair, ce qui subséquemment entraine des vocaux clairs un peu plus en nombre tel qu'on peu l'écouter sur « Watch me bleed » ou « End of the lines » (que vous avez pu découvrir sur les compiles), par rapport à « 4 » où il me semble bien qu'ils n'étaient présents que sur un titre ou deux. Donc le résultat amène l'ensemble de la musique à s'orienter vers des rivages plus symphoniques, sans malgré tout en perdre l'essentiel de l'agressivité de The oath. Car il ne faut pas se leurrer non plus, si les chants clairs sont plus nombreux, et mûrement ajoutés, ils ne sont pas en surnombre loin de là.
A côté de ça, on comprend également que les guitares, autant dans les solos classieux, et dans certains thèmes, penchent un peu vers quelque chose de heavy. Ça ne modifie pas leur black, parce que les blasts de la batterie, les rythmiques agressives et puissantes sont encore là, mais sur certains passages comme sur « Alone I roam » ou l'instrumental « Only » on distingue bien cette évolution qui se veut créatrice et ambitieuse. Le résultat est totalement plaisant puisque ça colle bien au style de The Oath.
Avec trois albums, The Oath montre qu'il est un groupe plein de bonnes idées, à la capacité innovante et qu'il maitrise totalement ses compositions.
Pour bien marquer ce virage, on se retrouve également assez loin de la colorée mais néanmoins magnifique pochette de « 4 ». C'est à Fursy Teyssier (Alcest, Les Discrets...) auteur, compositeur, et artiste complet qu'a été attribuée la lourde tâche de mettre en image ce concept de « Self-Destructed » où l'on distingue les méandres d'une esprit torturé aux prise avec les tourments les plus profond de l'âme.
« Self-Destructed » est bien écrit, c'est un album de black metal aux contours tantôt death et symphonique, aux reflets heavy mais à l'aspect indiciblement exponentiel quant à son efficacité.
La musique de The Oath a encore pris quelque chose de positif pour continuer de monter les marches de la reconnaissance... bon travail.

Arzhu Decibels Storm - mars 2011
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