

Over Kill - "The Years of Decay"
J'avais envie de m'écouter un petit album de thrash et c'est souvent que je vais vers Over Kill. En farfouillant, ma main s'est automatiquement dirigée vers cet album, parmi tous les albums d'Over Kill. C'est vrai que même si j'aime tous leurs albums je vénère particulièrement celui-ci et « Horrorscope », et c'est souvent que « The years of decay » passe sur ma platine...
Over Kill, je ne l'apprendrais à personne, c'est un énorme groupe de thrash metal, du vrai, qui broute bien et qui, tel le motoculteur moyen, laboure efficacement et remet tout à sa place. Les New-yorkais n'ont pas eu la carrière d'un Metallica, ou d'un Slayer, mais depuis 29 ans, ils sont là. Ils nous offrent des albums, dont certains ont été un peu moins bons, il faut le reconnaître, mais qui dans leur grande majorité restent quand même des petits brûlots bien sympatoches. Leur dernier album en date d'ailleurs « Immortalis » était plutôt racé.
Ce qui démarque ce groupe des autres groupes de thrash, comme pour Exodus et Steve Souza, c'est la voix criarde et atypique de Bobby « Blitz » Ellsworth. Cet homme là a toujours eu une voix bien à part qui va se promener à des niveaux haut perchés avec toujours autant d'agressivité dans le timbre. Maintenant je conçois fortement que c'est aussi ce qui tranche dans la popularité du groupe, pas mal de monde n'a jamais adhéré à la voix de Bobby. Comme j'ai des goûts très éclectiques, (ce qui cause ma perte financièrement), ben j'ai aimé !!
L'autre chose qui a toujours démarqué ce groupe, bien qu'à leur tout début, il n'y avait que le logo (les pochettes d'albums étaient surtout une photo du groupe), c'est le thème général et récurrent de la couleur verte. Effectivement cette dominante verte s'est accentuée au fur et à mesure des sorties d'albums pour devenir une véritable signature reconnaissable, un peu à la manière d'un Type O Negative.
Alors « The years of decay », c'est un album que j'adore, il est synonyme de changement dans la discographie d'Over Kill. Il n'est pas question de renier « Feel the fire » avec les chansons phares « Rotten to the core » ou encore « Hammerhead », ni encore l'album « Taking over » avec les monstrueuses « Electro-violence », « Deny the cross » ou « In union we stand », mais cet album est monté différemment.
Tout d'abord au niveau de la pochette, c'était la deuxième fois qu'Over Kill s'offrait une pochette en dessin, celle-ci ayant été faite à l'époque par Fastner & Larson connu pour faire des dessins d'heroic fantasy. Et donc pour cette nouvelle pochette, un peu comme « Under the influence », on pouvait contempler une nouvelle fois le « Skull » d'Over Kill, ici en entrée de temple dont les ailes étaient les voûtes vitrées qu'on pouvait observer sur l'arrière. Et pour la première fois, le logo d'Over Kill était en relief d'un vert pas comme les premiers albums. Over Kill innovait en matière de front cover.
Le line-up pour le moment se composait encore de Bobby et DD Verni, les anciens, de Bobby Gustafson à la guitare, qui quitta le groupe l'année d'après je crois et de Sid Falck à la batterie qui lui, partit quelque chose comme deux ou trois ans plus tard.
« The years of decay », ne se compose quasiment que de tubes en puissance. Déjà le son était énorme pour l'époque, mais en plus de ça, les gars avaient composé du lourd qui tâche. Effectivement dès le début de l'album avec « Time to kill », on en prenait plein la musette, mais ce n'était rien à côté de ce qui allait nous arriver avec « Elimination » dont une vidéo était sortie. Over Kill s'est fait pas mal mélodique sur cet album, en gardant le feeling des « Hammerhead » et autres « Deny the cross ». Le gros morceau de l'album qui tue reste pour moi « I Hate », avec son entrée en matière vraiment intense et prenante. Le groupe n'a pas dérogé à la règle sur cet album au niveau de la durée des chansons, toujours dans une moyenne de cinq minutes avec des titres sauf pour « Who tends the fire » ou « Playing with spiders/ Skullkrusher » qui elles durent de huit à dix minutes.
L'album s'enfile comme une girafe de bière, les guitares sont excitées, maîtrisées et agressives. Elles gardent un feeling extraordinaire qui mène la danse tout au long de l'album, et le chant de Ellsworth se marie à merveille là-dessus. Les gars se sont fait plaisir à jouer plein de trucs qu'ils avaient envie de tester comme sur « Playing with spider/ Skullkrusher », qui comme je le disais dure plus de dix minutes sur un feeling quasiment pachydermique à la lisière d'un stoner doom rock'n'rollesque. Mais il ne faut non plus se leurrer, Over Kill c'est du thrash avant tout, et tous les morceaux sont fait dans ce moule, avec ce zeste de heavy qui reste de la fin des années 80's. « Who tends the fire », donne au client un aperçu de la grandeur du groupe, avec une ouverture et une rythmique de guerre, et un chant beaucoup plus chanté qu'à l'accoutumée, et des guitares jouées d'une manière dont Slayer nous servira un an plus tard son nouveau chef-d'oeuvre, je veux parler du titre « Seasons in the abyss ». Effectivement certaines rythmiques sont sensiblement similaires à celle du début de ce morceau là.
Et pour terminer magnifiquement c'est « Evil Never Dies » dont les initiales signifient END, qui vient clore cet album fabuleux. Encore 20 ans plus tard, celui-ci offre à l'auditeur un intense plaisir. Voici qu'à cette époque on profitait vraiment de l'écoute des nouveaux albums et un album de cette trempe, il y en a relativement peu.
Si Over Kill vous intéresse, je vous invite vivement à vous procurer cet album...