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Belle régularité pour Otargos qui nous balance son deuxième album un an après son précédent, et attention, toujours sans faiblir !
Faisons immédiatement un sort à ce qui fâche : quitte à entrer de plain-pied dans le monde des grands en ce qui concerne la prod', pourquoi avoir affublé ce disque d'un son de caisse claire aussi horripilant. Je sais qu'à force d'améliorer sa sauce, on risque vite le procès en trahison, mais enfin, le reste étant vraiment au top, pourquoi laisser perdurer un tel anachronisme ?
Parenthèse fermée.
Ce disque est celui de l'affranchissement définitif de la scène suédoise. Plus aucune trace de Dark Funeral.
Place désormais à un black-metal bien plus sophistiqué à mi-chemin entre l'album de Thorns de 2001 et le Mayhem post-Euronymous. La sauvagerie des débuts a clairement laissé place à quelque chose de plus raisonné.
Autre évolution, le groupe prend désormais un malin plaisir à ralentir les tempos, évoquant même parfois des choses comme Rotting Christ.
Et sur le plan sonore, ce que l'on fait faire aux guitares sur ce disque est tout à fait remarquable. Entre riffs chirurgicaux, dissonances et solos crispés, Otargos utilise une grande partie de la plage de ce qui est admissible en matière de black. Tout juste peut on parfois regretter que les idées ne soient pas poussées jusque dans leurs ultimes retranchements. Par exemple, les titres n 7 et 8, qui présentent de beaux exemples d'épopée vigoureuse s'arrêtent d'une façon trop brusque alors que l'on prenait un réel plaisir à être malmené par ce chaos plein d'abnégation. Autre regret : trois plages synthétiques sans relief (titres 1, 6 et 11). Regrettable car le disque évite par ailleurs soigneusement tout recours au remplissage et au superflu, ce qui est d'autant plus estimable que ces écueils se présentent souvent dès lors que l'on cherche à élaborer un tant soi peu sa musique. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il reste à Otargos à régler ces broutilles pour gagner ses derniers galons, car je considère que ces derniers ornent ses épaules depuis déjà longtemps.
Otargos trace à vrai dire une voie de plus en plus personnelle et j'éprouve une véritable curiosité à savoir ce que proposeront leurs prochains enregistrements. Provoquer le plaisir et l'impatience: n'est-ce pas ça après tout la recette du succès ?
En attendant, la fréquentation de ce nouvel opus est plus que recommandée. |