 |
Obstinément, Officium Triste continue à nous fournir en doom mélancolique bien torché, sans génie, mais avec le plus grand des sérieux. Le présent disque est leur quatrième album et il marque le franchissement d'un nouveau palier avec l'apprentissage de l'ampleur qui faisait jusqu'ici quelque peu défaut, ce qui constituait, on en conviendra, un certain handicap pour un groupe de doom. Par ailleurs, l'alternance entre voix claire et death procure un effet réussi qui atteint son sommet sur le second morceau, remarquablement dynamique, et tant pis pour ses claviers "bateau" (défaut qui reviendra malheureusement assez souvent sur le reste du disque). Ce dynamisme se retrouvera également sur le cinquième titre, qui est aussi marqué par des structures quasi-progressives et des passages atmosphériques réussis. On est également ravi de constater qu'Officium Triste continue à user d'un des ses points forts, à savoir la faculté de doter ses morceaux de quelques solos de guitare bien sentis. Pour ce qui est de la pesanteur, on se reportera en priorité sur le troisième titre et son riff principal remarquablement monolithique. Il manque certes toujours à Officium Triste cette radicalité qui fait qu'un groupe devienne incontournable dans son style. Officium Triste est un groupe pondéré. S'il s'agit en général d'une qualité dans la "vraie vie", ceci peut en revanche s'avérer handicapant dans un secteur tel que le metal et notamment dans une de ses catégories extrêmes que constitue le doom. |