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The Obsessed est une institution dans le monde du doom metal des origines. Il est d'ailleurs mené par le légendaire Wino qui est au doom ce que Chuck Schuldiner était au death : un parrain, un gardien intraitable de l'orthodoxie. Le doom n'a jamais été un genre vendeur. Trop difficile à cerner pour le grand public : ni outrancier, ni "cool", ni show-biz. Juste un truc de passionnés. Et c'est dans ces conditions que les observateurs de ce style durent se pincer pour croire que ce disque de The Obsessed était bien sorti par Columbia. The Obsessed chez Columbia, c'est comme Alain Souchon chez Earache. Ceci dit, le nom d'Hellhound Records, le label le plus heavy du monde, apparaît en tout petit au dos du disque. Ouf ! D'un autre côté, l'écoute de ce disque permet de comprendre pourquoi une major a pu, dans un raptus inconscient d'ouverture, prendre part à sa sortie. En effet, les mélodies y sont très travaillées, la production excellente et les morceaux suffisamment calibrés pour passer sur des radios rock américaines. Ceci n'arriva pas. Mais ça aurait pu le faire. Le principal est tout de même que ce travail de clarification n'ait en rien altéré la puissance et la pesanteur de la musique de The Obsessed. Des titres comme "To protect and serve", "Skybone"ou "Climate of despair" sont en effet, malgré leur brièveté (pour du doom) très heavy et conformes à ce que l'on attend d'un groupe de doom du calibre de The Obsessed. Par ailleurs, on retrouve sur cet album des titres plus longs et très lancinants tels que "Fields of hours" ou "Neatz brigade", véritables suites pour marteaux pilons en déprime majeure. Je veux par ailleurs réserver un sort particulier à "Touch of everything" qui, avec son riff dynamique et sa rythmique obsédante représente la perfection en matière de doom-rock, sans fioriture, à la mode bulldozer nucléaire. Car la force de The Obsessed sur cet album est d'avoir su préserver une dynamique exemplaire, encore renforcée par ces deux brûlots quasi-hardcore que sont "Streamlined" et "A world apart", véritables bombinettes punk avec un son doom. Où The Obsessed se rappelle que tout part du rock. Gloire à Wino. |