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Pendant
les mois qui avaient précédé la sortie de ce disque, Obituary
m'avait outrageusement fait saliver en disant à qui voulait
l'entendre que leur nouvel album serait marqué par l'inclusion
d'éléments industriels. Je m'attendais déjà à un mélange létal
entre la force originelle d'Obituary et la furia d'un Ministry,
mâtiné de Prong et de Godflesh. Bref, j'avais fantasmé à bloc.
Evidemment, je fus initialement déçu. Car si l'on excepte les
quelques boucles et séquences qui nimbent des titres tels que
"World Demise", "Splattered" ou "Kill For Me", l'apport d'éléments
purement indus n'est vraiment pas évident. Et puis, heureusement,
il y eut une seconde écoute. Au cours de laquelle je découvris
la force incomparable de cet album et, même finalement, son
côté industriel, non en ce qu'il utiliserait des technologies
électroniques, mais en ce qu'il privilégie des structures répétitives
qui, en tant que telles, peuvent se ranger parmi les méthodes
couramment usitées dans l'indus. Et j'en arrive à la conclusion
selon laquelle ce "World demise" est mon album préféré d'Obituary.
Celui dans lequel le groupe déverse le plus ouvertement sa puissance
colossale ( "Don't Care", "Boiling Point") et son sens du riff
qui tue ("Redefine", "Paralyzing"). Avec le recul, on s'aperçoit
que cette expérience constitue une aventure unique dans le domaine
du death metal, style trop souvent cloisonné en sous genres
hermétiques et aliénants (le son Entombed, le son de Göteborg,
le son Morbid, le gore Cannibal). Le plus grand des mérites
d'Obituary aura été de toujours explorer sa propre voie. Et
cet album en est une illustration exemplaire. Et en plus, Obituary
est parvenu à améliorer son son, tout en restant fidèle au même
producteur, le Docteur Burns. Chapeau bas. |