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Chronique et review de l'album Xecutioner's Return de Obituary.

Obituary

"Xecutioner's Return"

(candlelight -- 2007)

pochette de l'album Xecutioner's Return de Obituaryimage élargie - pochette de l'album
Obituary - "Xecutioner's Return"
Avant toute chose, je dirai que ça me fait bizarre mais en même temps ça me fait énormément plaisir...
En fait, je parle du fait que cela me fait bizarre de lire au dos du cd « Candlelight » avec un album d'Obituary. Cela me fait bizarre car Candlelight (qui a fait énormément de chemin depuis sa création) était un label qui nous a offert des groupes comme Opeth, et ses signatures étaient spécifiques (je parle de groupes comme Eterne, The whores of babylon ou Emperor) et maintenant Obituary est chez eux alors que pour moi, pendant longtemps, Obituary était toujours associé dans mon esprit avec Roadrunner.
Et, par conséquent, je me dis que le monde du Metal a beaucoup évolué ; la naissance de jeunes labels émergeant dans les années 90 a été bénéfique car, à ce jour, ils ont pu proliférer et tant bien que mal (bien sûr avec la crise du cd et autres mp3....) s'agrandir.
Et quand je dis que ça me fait plaisir, c'est qu'il y a longtemps, le Metal extrême était produit par des labels comme Roadrunner, Earache, Century Media ou autre Nuclear Blast. Après avoir assisté aux débuts de labels comme Osmose, Adipocere, Holy records, Season of Mist, Listenable (pour ne parler que de la France), je constate que maintenant ces derniers ont les épaules « un peu plus larges » (je ne dis pas que c'est facile de survivre) pour signer des groupes comme Mayhem, Cynic, Immolation... Cela montre qu' il existe un équilibre permettant de ne pas voir les mêmes groupes toujours chez les mêmes écuries et donc en l'occurrence ici, de voir Obituary chez Candlelight... Enfin donc, « Xecutioner's Return » est sorti il y a presque un an et demi. Je n'ai pas eu l'opportunité de me procurer la version limitée box en carton (comme Deicide « The stench of redemption ou les derniers Immortal à leur sortie), mais j'ai malgré tout pu me dégoter la version « slipcase » où l'on voit le bourreau en noir sur fourreau noir.

On découvre ensuite une jaquette, avec un logo simplement noir également. Je précise d'ailleurs que pour moi, les trois meilleurs albums (qui sont les trois premiers) sont ceux où le logo était plus travaillé avec le sang et le changement de couleurs. La pochette reprend le bourreau sur, bien évidemment, un monde apocalyptique. Et si Obituary avait commencé à nous donner des pochettes colorées avec des tons majoritaires (voir « World Demise » ou « Frozen In time »), ce coup-ci ils onf fait dans le jaune orange, ce qui n'est pas pour me déplaire.
On constate également à l'intérieur du booklet que, comme d'habitude, il n'y a pas les paroles mais une bien vilaine photo avec un filtre type plastification.
Sur cet album, les fans des Nécrologues pourront se réjouir de la présence du deuxième mercenaire du Metal, alias Ralph Santolla dont vous avez pu découvrir les talents sur « The glorious Burden » de Iced Earth ou encore « The stench of redemption » et « Til Death do us apart » de Deicide (le premier mercenaire étant à tout jamais Martin Van Drunen).
Musicalement parlant, Obituary n'a pas évolué d'un poil depuis toutes ces années. Il s'agit ici du deuxième album après leur reformation (« Frozen in Time » étant le premier, pour ceux qui n'ont pas suivi). On a toujours le chant si reconnaissable, si atypique, si singulier, si hurlé et si « yaourteux vomissant » de John Tardy dont on appréciera toujours le timbre de voix.
Ensuite, on retrouve les mêmes rythmiques classiques et malsaines laissant un effet de pourrissement et de décomposition. Rien n'a changé, tout est toujours là. La seule chose qui a bougé, c'est que, par rapport à Allan West, Ralph Santolla apporte un peu « d'humanisation » dans les soli. Ils sont plus complexes par moment, plus mélodiques par d'autres, ce qui donne aux morceaux une nouvelle dimension (non, pas la Dimension Zero pour ceux qui y ont pensé).
On retrouve cette lourdeur lancinante et omniprésente tout au long de l'album comme on avait sur sur les trois premiers albums. Parfois Obituary accélère quand même sur certains passages (cf. « Seal Your Fate » qui a un petit côté thrash/punk), mais attention, n'allez pas chercher du Nile, c'est Obituary tout de même ; les morts, ça doit aller lentement comme dans « Zombie » de Romero et pas comme dans « L'armée des morts ».
Les morceaux comme « Feel the pain », « Evil ways », « Bloodshot », sont vraiment calqués sur « The End Complete », c'est pour cela qu'Obituary nous proposera toujours le même plat de rats crevés. Maintenant, on aime ou on n'aime pas, c'est simple, tout comme Slayer fait du Slayer. C'est à vous de choisir; pour ma part, j'ai choisi, avec eux, on ne cherche pas la nouveauté mais plutôt la coutume, la « TARDY-tion » (ouais ok, je sors, jeu de mot bidon pour « tradition »).
Le son, quand à lui, est un peu trop crasseux quand même, trop roots, qui donne un aspect légèrement punk, bien qu'ils soient allés au Morrisound.
Au niveau de la durée de l'album, Obituary n'a pas dérogé à la règle non plus; c'est pendant une durée d'environ 45 minutes que le « retour de l'exécuteur » vous tranchera la gorge ou la tête. Par contre, on découvrira une petite nouveauté, c'est la chanson « Contrast The dead » ; alors que les autres tournent autour des trois minutes, celle-ci se paye le luxe de durer un peu plus de sept minutes. Oui, sept minutes durant lesquelles Ralph Santolla s'en donne à coeur joie avec des soli en veux-tu, en voilà.
En tant que personne avisée aimant le groupe depuis ses débuts, je dois dire que j'apprécie pas mal cet album même si l'inspiration et le renouveau ne semble pas être la préoccupation première des Nécrologues. Si avant, le monde tournait autour d'Obituary, en 2007, c'est plutôt Obituary qui cherche à tourner à l'intérieur du monde pour y rester. Je veux simplement dire que leur recette de death metal floridien assez lent ne plait plus qu'aux aficionados et à quelques oreilles curieuses. Le monde du death a changé ; malheureusement, et j'en suis sincèrement navré, après un an et demi, cet album n'a vraisemblablement pas laissé une trace de mammouth sur la scène. Pour les « X (ecutioners) Files », non pas la vérité, mais plutôt « l'intérêt » est ailleurs...

Arzhu Decibels Storm - octobre 2008
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