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Autant le dire tout de suite, ce disque ne fonctionne pas. Non pas que le lecteur CD refuse de le lire (!), mais son concept ne convainc pas. Ningizzia a en effet choisi d'insérer dans son doom de nombreux passages classico-atmosphériques. C'est bien légitime ! Seulement, lorsque l'on constate que ces moments, dépourvus de guitare et de percussions, constituent environ 30 % de ce disque court (42 minutes), on est en droit de se demander si ses auteurs n'ont pas un peu trop tiré sur la ficelle. Le problème de cet album, qui hésite entre metal et musique purement atmosphérique, est qu'il ne maîtrise parfaitement ni l'un ni l'autre. Son approche du doom est en effet trop heurtée, ses riffs sont trop peu travaillés. Et les passages atmosphériques sont quant à eux évidemment sans rapport avec la qualité que peuvent atteindre les formations spécialisées dans ce créneau. On se retrouve avec un disque bancal, trop peu cohérent, ayant manifestement délaissé le travail d'écriture au profit d'un procédé de juxtaposition sensément astucieux, mais finalement décevant. La voix claire est quant à elle proche de la limite alors que les vocaux death ne parviennent jamais à atteindre la profondeur que l'on peut trouver, au hasard, chez Shape Of Despair. Même si certains petits chorus de guitare parviennent parfois à créer de sympathiques envolées (le final de "Point of no return", "Emptines"), ces moments de relative grâce sont hélas trop rares. Je ne doute pas du potentiel de Ningizzia, mais il faudra néanmoins veiller la prochaine fois à penser sa copie de façon plus globale et cohérente. |