

Nightshade - "The Beginning of Eradication"
Le deathcore est un style de Metal très à la mode. Ce qui, pour moi, caractérise ce style, c'est avant tout ses vocaux plaintifs comme ceux du melocore sauf que là, ben, c'est sur une musique plus death metal. Mais ne soyons par réducteur non plus...
Le label anglais produit donc le premier album des Bretons de Nightshade.
Pour l'occasion, l'album se présente avec une pochette plutôt thrash avec un monde post-apocalyptique, genre qu'on a déjà vu pas mal de fois auparavant, même si les couleurs sombres et dépressives dans les tons de vert sont assez réalistes. J'aurais préféré qu'ils conservent leur style plus death au niveau des pochettes comme sur leurs demos « Perpetual suffering » ou « Before the violence » qui étaient beaucoup plus intéressantes et crasseuses. Le groupe est jeune puisque formé en 2003, mais sa musique présente déjà une allure mature dans son ensemble.
Le style du groupe, en revanche, se cherche un peu. On est baladé de parts et d'autres dans un death metal brutal très basique sur « Crowing of an ugly princess », pour ensuite se faire démonter la rondelle (passez-moi l'expression !) sur des titres tels que « Bury in terror » ou « Good night darling » qui sont blindés de passages ultra rapides et violents. Et entre tout ça, Nighshade se fait plaisir en jouant des morceaux dans la veine du mélocore ; je veux dire que les mélodies sont beaucoup plus perceptibles sur des chansons comme « Tapeworms for breakfast » ou « Just for a bitch » où le côté brutal laisse grandement la place à la scène suédoise mais toujours avec ce sempiternel côté core.
Le son est propre, rien à redire de ce côté ; les instruments se font tous bien entendre et la voix du chanteur est nette. Ses vocaux, d'ailleurs, sont plus appréciables pour ma part (une chronique étant forcément subjective) lorsqu'ils se cantonnent à rester dans le guttural grave... Je n'apprécie que moyennement ces hurlements criards et incessants bien que mon aversion pour le chant deathcore aigu diminue progressivement.
L'album ne dure pas très longtemps puisqu'il ne fait guère plus de 28 minutes, pour une durée moyenne par chanson de 2'40. Mais en fait, c'est plutôt un point positif, non pas pour dire que moins cela dure et mieux c'est, mais que l'alternance des titres brutaux avec ceux plus mélodiques est beaucoup plus efficace avec des titres courts qu'avec des titres à rallonge. Cela facilite l'ingurgitation des morceaux pour l'auditeur.
Je rajouterai également que l'album commence et se termine par la même mélodie mélancolique au piano avec des nappes de claviers sympho ; l'ambiance de cette musique fait bien sentir à l'auditeur que l'opus est définitivement clos. La sensation que cela m'a donné c'est, qu'allié à la globalité de l'album et à la pochette post-apocalyptique, cet instrumental coupé en deux était représentatif de ce que voulait faire transparaître Nightshade : de la tristesse mêlée à de la brutalité.
Je suis très partagé quand à mon opinion sur ce « The beginning of Eradication » ; après de longues écoutes (longues, c'est vite dit, puisque l'album dure moins d'une demi heure !), je n'arrive pas à séparer le sentiment d'attrait et le sentiment de réticence, car j'aime leur brutalité même si elle ne relève pas d'une technique extraordinaire et j'aime bien leur côté mélodique, alors qu'en revanche je n'aime pas leur ambiance core et cette voix...
Le fait est que, si cet album partage, c'est qu'en tous les cas, il ne laisse pas indifférent, c'est donc déjà un constat positif. Laissons alors le temps faire les choses et nous verrons de quel côté la force nous attirera. En attendant, continuons de l'écouter tant que l'effet nouveauté est encore présent...