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NIGHTFALL "Lyssa, rural gods and astonishing punition"
(black lotus - season of mist - 2005)
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Le dernier album en date de Nightfall m'avait littéralement bluffé. Après plusieurs années d'absence physique et de vide artistique sidéral (cf. la période "Electronegative"), "I am Jesus", outre son titre provocateur et absolu, annonçait le grand retour de cette légende du metal Hellène. Cette forme olympienne avait d'ailleurs retenu toute mon attention, et lors d'une entrevue passionnante avec Efthimis, j'avais pu me rendre compte à quel point le groupe était à nouveau soudé et prêt à en découdre avec le plus grand nombre. Alors, pensez donc ! A l'annonce de la parution de ce nouvel opus, mon sang n'a fait qu'un tour ! Et c'est avec une délicate attention, empreinte d'une fragilité respectueuse, que j'ai déposé la divine rondelle sur mon non moins divin lecteur de disques.

A peine quarante minutes, montre en main, plus tard, le couperet tombe. Ce nouveau Nightfall n'est pas à la hauteur de mes attentes. Qu'à cela ne tienne, accordons nous une autre écoute plus attentive, une troisième, plus rapide et une quatrième…finalement avortée avant son terme. Non, d'autres tentatives n'y feront rien. L'inspiration n 'est définitivement pas au rendez-vous avec cette nouvelle livraison. Et ce n'est pas cette production atomique, scellée des studios finlandais Tico Tico, qui y changera quelque chose. Il n'y a ici rien de comparable à la splendeur, maintenant passée et aujourd'hui ternie, du doom-death majestueux à la base de l'album précédent, qui propulsait à nouveau le combo dans le peloton de tête des meilleurs formations européennes.

D'un pur point de vue stylistique, Nightfall évolue maintenant dans une lignée plus death, quasi dark-metal, délaissant le terreau du style mélodique et raffiné qui faisait son charme. Place maintenant à la brute, celle qui tape avant de réfléchir, et demande pardon après ! Je caricature quelque peu, mais toutes les mélodies hypnotiques et enivrantes qui constituent le point fort du groupe ont été mises de côté au profit de riffs plus directs et rentre-dedans, le tout ponctué d'une flagrante diminution du rôle des claviers, pourtant partie intégrante du label de qualité grec ! Exit aussi les envolées lyriques des guitares, à la trappe les parties orchestrales vengeresses ! En revanche, le chant est plus furieux, la section rythmique tronçonne à tout va et la batterie décuple d'agression. Est-ce suffisant pour autant ? La réponse est non.

Bien sûr, il reste tout de même un ou deux morceaux qui font l'affaire, et rappelle vaguement le Nighfall que l'on appréciait, inspiré et astucieux. Un titre tel que "Synastry", doté d'un refrain magistral et de parties mélodiques classieuses, pourrait d'ailleurs en constituer le meilleur exemple. Mais, avouez qu'un, voire deux titres (en incluant "The end times", heavy en diable) de qualité sur onze, cela ne fait pas le poids et cela ne peut constituer un argument décemment recevable quant à l'éventuelle acquisition de ce nouvel opus.

Un goût amer me reste en bouche à l'évocation de ce "Lyssa", auquel je comptais réserver le plus triomphal des accueils. Il va maintenant falloir me faire à l'idée que le Nightfall qui m'avait redonné le sourire avec "I am Jesus" n'est plus même que celui qui se présente à moi aujourd'hui.

La déception n'en est que plus grande.

 
Clem
Decibels Storm - janvier 2005