 |
"Nic-U"... A première vue c'est du rap ou à la rigueur du néo-metal. D'autant que c'est français: le pire était donc à craindre, notre beau pays s'étant largement illustré dans la production de tout ce qu'il y a de plus nul dans ces deux styles déjà pas bien baisants au départ. Alors, pourquoi, nom de dieu, pourquoi, cela commence-t-il comme du Ordo Equilibrio ? Pourquoi cette voix mâle profonde, pitchée, d'outre tombe, digne d'un Michael Gira (Swans)? Ca continue ensuite dans un registre plus synth-pop 80's, avec toujours une constante application à faire dans le sombre et quelques penchants évoquant les autres Suédois de Sanctum. On est vraiment très loin de ce qui pouvait être craint en lecture du patronyme. L'album se déroule ainsi, sur le même trend fait de comptines tristouilles encadrées par une boîte à rythme minimaliste kraftwerkienne. Puis déboule un truc, une chose, pour tout dire un sixième titre, où une guitare monstrueuse, rampante, vient asséner un riff neurosien alors que les vocaux mâles s'égaillent désormais entre un timbre Syd-Barettien (RIP) et une voix grimaçante évoquant ici encore Neurosis. Ce disque est vraiment un gros mixer... Mais attention, tout reste cohérent; la musique étant unifiée par une production et une ambiance extrêmement personnelles. Je dois encore évoquer ce 8ème titre lorgnant vers la dépression Depeche Modienne époque "Music for the masses" et ce 13ème morceau, long serpent trip-hop de 8 minutes éthérées mais oppressantes. Alors voilà, dans le rôle de l'OVNI imprévu, imprévisible et incroyable, j'ai nommé Nic-U, bien parti pour concourir dans la catégorie "révélation de l'année", avec ceci de particulièrement méritant qu'il prend part à la course nanti d'un lourd handicap tenant à un nom impossible. Sur le cul je suis... |