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NEPHAST "Conceived by Inhuman Blood"
(mighty music)
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Nephast est un groupe brésilien qui joue du death metal dont la principale "qualité" est l'absence totale d'ambiguïté, d'ailleurs complaisamment utilisée dans une bio transparente qui n'hésite pas à nous lâcher les trois noms qui collent en effet indéfectiblement à ce disque : Slayer, Morbid Angel et Vader.
De Slayer, Nephast a repris les solos de guitare frénétiques. De Morbid Angel, il utilise les riffs suffocants et de Vader la furie rythmique.

Il faut avouer que tout ceci sonne plutôt bien. Le disque ne laisse aucun moment de respiration, prenant l'auditeur par le col pour ne plus lâcher, même pas à l'occasion des changements de morceaux, chacun étant enchaîné avec son prédécesseur dans une frénésie qui fait plaisir à entendre (excellent enchaînement des deux premiers titres notamment).
Evidemment, la diversité n'est absolument pas au rendez-vous et je mets quiconque au défi de différencier les morceaux les uns des autres à la première écoute. Et c'est en cela que Nephast n'arrive évidemment pas au niveau de ses glorieux inspirateurs qui sont ("étaient" dans certains cas…), eux, capables de maintenir l'intérêt d'un disque sur 40 minutes en variant les ambiances tout en conservant une unité conceptuelle.

Mais ne jetons toutefois pas la pierre à Nephast dont la première des qualité pour un groupe brésilien est de ne pas sonner comme un clone de Sepultura et de ne pas nous infliger de digressions vaseuses sur la difficulté de la vie dans les favellas... Non, nous sommes ici en plein trip haineux sataniste, et c'est heureux.

Ce disque est efficace, très bien produit, mené d'une main de fer par des instrumentistes à qui on ne la fait plus. Il n'invente strictement rien mais convainc en revanche pleinement par sa hargne et sa constance. Une excellente alternative pour tous ceux qui veulent encore croire au pouvoir blasphémateur du death-metal, et une belle occasion de s'éloigner des deux pôles actuellement trop proéminents que sont Göteborg et New York.

Ce disque, je sens que je vais me l'écouter souvent, parce qu'il tue vraiment.

 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - avril 2004