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Chronique et review de l'album Bestial Anatomy de Necropsy.

Necropsy

"Bestial Anatomy"

(autoproduction -- 2008)

pochette de l'album Bestial Anatomy de Necropsyimage élargie - pochette de l'album
Necropsy - "Bestial Anatomy"
Nous voici un an après la sortie du premier album de Necropsy... Cet album a mis quand même pas mal de temps à sortir puisque le groupe existe, si on englobe la période Meconium, depuis dix ans maintenant.
Ce premier opus confirme donc définitivement la progression de Necropsy parti d'un thrash/death pour arriver à un brutal/death bien ricain à tendance « grindounette » par moment.
Il fait suite à leur première demo « Rural assault » et au mcd « Rural conditions » et, même s'il ne dure qu'approximativement 26 minutes, c'est bel et bien un album !
Il s'est donc passé un peu plus de trois années entre la sortie de « Rural conditions » fin 2004 et celle-ci début 2008. Et lorsqu'on met autant de temps, cela ne peut être que bénéfique pour sortir un album mûrement réfléchi.
« Bestial anatomy » n'a malheureusement pas été signé par un label pour la production, mais il faut savoir qu'une distribution nationale a été assurée par Underclass Music.
L'album se présente avec un booklet simple ; n'allez pas chercher les paroles, elles n'y sont pas. Dans l'ensemble, l'artwork est simple mais pas dégueu. Le côté vert un peu kaki et ce logo à l'ancienne se marient à merveille pour imager le brutal death de Necropsy.
Au niveau des neuf titres, c'est ici que le côté U.S s'arrête puisque ces derniers sont en français. Je ne vous parle que des titres et non pas du contenu des paroles. Celles-là-mêmes sont interprétées par l'excellentissime Gil avec sa voix de goret qui possède des talents d'imitateur de porc égorgé, en rut ou en train de charger, et qui mêle puissance et profondeur tout au long de l'album.
Et de toute façon, finalement même avec les paroles, je ne sais pas si j'arriverai à les transposer tellement c'est gras. Le genre de vocaux à la Benighted que j'adore, mais il ne se contente pas de gruiker, puisque sur des morceaux comme « Au pré », il aère largement son style de chant avec un chant death plus compréhensible à la Dave Rotten d'Avulsed.
Le nom des chansons, comme je le disais est en français, et ça me laisse perplexe quant aux inspirations, je serai curieux de savoir de quoi traite « Gueule de vieille », ou « C'est curieux » ou encore « Nicole's rules » voire « Au pré ».
Je reste encore un peu sur les vocaux : si vous écoutez bien, en plus du chant principal, on entend le doublage à peine plus aigu, à certains endroits sur les morceaux, qui vient en accompagnement ; c'est bébé cochon qui vient rejoindre papa cochon, je crois même que sur « Nicole's rules » il y avait papi cochon...
Necropsy propose un brutal/death très américain, avec un son gras et puissant où les blasts et les rythmiques brutalissimes se mélangent avec des riffs plus death brutal que brutal/death. Vous noterez la subtilité pour dire que ce n'est pas du bourrinage à outrance mais plus une base death qui se veut brutale. Comme on le souligne souvent, chacun a ses propres références ; ici, on peut y voir un mix entre des trucs comme Suffocation ou Dying fetus avec des choses plus death comme Brutality. Mais n'y voyez pas un album uniquement composé de morceaux brutaux sans aucun changement de rythmes ou ralentissements. Ce n'est absolument pas cela. C'est bourré de breaks et de technique qui rendent le tout beaucoup plus aéré ; ça se laisse bien entendre sur « Decalcification ». Ce morceau rappelle bien que Necropsy sait être mélodique. Ouais bon, c'est pas du melodeath non plus, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.
Mais on sent dans la musique de Necropsy, qu'aux origines, ils faisaient du thrash/death. Bien que « Gueule de vieille » se veut brutale et grasse, déjà le riff du tout début est plus ancré dans le thrash/death que dans le death. Ce morceau est très fun dans sa conception, ça groove pas mal.
Les racines thrash/death dont je vous parlais se perçoivent aussi au début de « Degueule house », mais surtout au début de « 140 », c'est un énorme riff de thrash qui vient commencer la chanson pour ensuite défourrailler comme il se doit sur des guitares de psychopathes et une batterie de schizophrène.
Le gros atout de « Bestial anatomy », c'est que même si l'ensemble est d'une brutalité et d'une puissance à refaire pousser les testicules à un eunuque, ils ont la capacité de désépaissir les morceaux pour ne pas qu'ils soient trop denses et indigestes. Ces morceaux, d'ailleurs, ne sont pas longs, comme ça , on évite de se lasser.
C'est sur un titre comme « Dialecte » qu'on sent que la base death est en avant-poste ; certaines parties sont très brutales, mais on distingue la clarté d'un death bien foutu et violent juste ce qu'il faut.
Bon album que ce premier album de Necropsy et pour l'instant, au niveau longévité, il devrait rester pas mal de temps encore en écoute, et si jamais la présence de l'album sur les platines se fait plus rare, ce ne sera pas à cause de la qualité des morceaux mais plus à cause de la courte durée de l'album.

Arzhu Decibels Storm - janvier 2009
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