

Nahil - "La longueur du vide"
Nahil, ça veut rien dire, c'est sûr. Comme "la longueur du vide", titre de la démo. Avec des paroles en anglais en plus. Par contre, si l'on tend l'oreille du côté des morceaux on comprend vite que la musique, elle, a de la consistance. Bon c'est vrai qu'en écoutant l'intro de "Waiting the last day" ou "Liars", on pensera tout de suite à l'atmosphère complexe de Tool (rythmes syncopés, riffs hypnotiques tournant faussement en boucle...).
Mais si l'inspiration est puisée à la source "toolienne", le groupe annécien a eu l'intelligence de discerner "être inspiré par" et "faire du" ou "faire comme''. Ce n'est qu'une base permettant à Nahil de construire son univers, original, éclectique, difficilement classable. D'abord grâce au chant (ou champ, au choix) des possibles étalé par Will. Parlée, criée ou hurlée la voix se veut ample, harmonieuse ("What's up"), claire et surtout compréhensible donnant une couleur originale à chacun des titres. Peut-être manque-t-il une once de profondeur.
Ensuite vient l'assise rythmique solide assurée par Liroz et Ludo. Tantôt tendue, tantôt plus souple ou simplement énervée la paire basse/batterie surprend et fait varier subtilement la structure des morceaux, souvent joués mid-tempo. On appréciera particulièrement les effets employés par la basse, qui participent beaucoup à la construction d'ambiances étherées, comme sur "Liars". Enfin, une guitare inventive qui oscille entre des riffs plutôt lourds ("Liars") typés métal ou tout simplement rock ("Other side blues") et des touches légères et mélodiques, donnant de la hauteur aux morceaux.
Si Nahil est appliqué et livre dans l'ensemble une démo prometteuse, on regrettera néanmoins un mix un peu juste (une basse sur-présente et une guitare faiblarde qui aurait mérité plus d'égards) et quelques parties trop longues qui n'amènent rien aux morceaux. Mais n'oublions pas que ceci n'est qu'un tout premier jet et que Nahil a la vie devant lui. A suivre.