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Enregistré par Jack Endino, sorti en Europe par un obscur label allemand, Glitterhouse, sous licence Sub Pop, cet album a tout du disque culte. Il est de fait l'un des tout premiers albums de ce qui serait par la suite qualifié de "grunge". A l'époque, on disait "sub pop rock" et c'était très bien. Mudhoney fait en effet partie de ces pionniers avec Soundgarden, Nirvana et les obscurs Green River qui ont créé le son de Seattle, même s'il n'est finalement que peu de point commun entre la collection d'hymnes punko-gluants contenue sur ce disque et les exploits autrement plus heavy de Soundgarden, si ce n'est ce côté démerdard et décalé. Lorsque sort ce disque, Mudhoney est nimbé du succès rencontré dans l'underground par son mythique single "Touch me I'm sick" et tente de reéditer l'exploit de la combinaison entre spontanéité, noirceur et ironie. Cet album y parvient plutôt bien, et se pose un peu là dans le genre "je vénère The Stooges, les Ramones et Sonic Youth". De ces légendes, Mudhoney a conservé cet art consommé de l'ultra-saturation. Certaines mauvaises langues pensent que c'est pour mieux camoufler la pauvreté technique des membres du groupe. S'il est certain que l'on est assez loin de Satriani, il faut tout de même dire que critiquer Mudhoney pour sa faiblesse technique, c'est comme reprocher à l'alcool de saouler : la critique n'est pas mal fondée, elle est purement irrecevable. Car ce n'est pas pour ses qualités techniques que l'on achète un disque de Mudhoney, mais pour son côté pur, noir, vicieux et, finalement, tout de même très énergique. Car ce disque comporte un certain nombre de morceaux susceptibles de faire bouger un fer à repasser, tels "This gift", "Flat out fucked", "Here comes sickness", "Get into yours" ou "The further i go". D'un autre côté, le groupe est capable de vous infliger de ces morceaux d'une noirceur incomparable avec des titres tels que "By her own hand", "When tomorrow hits" ou "Dead love". Un album complet en quelque sorte. |