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Ce
nouvel album des doomsters Irlandais est une véritable déclaration
de guerre à la joie de vivre ! Attention, une fois l'écoute
de ce "Murderous Circus" commencée, tout excès de bonne humeur
se verra systématiquement refoulé, tout tentative de sourire
sera immédiatement annihilée et tout éclat de rire fermement
condamné ! Car ici tout n'est que tristesse et désolation, une
fois de plus serais-je tenté de dire, car les deux albums précédents
ne nous avaient pas particulièrement incité à une empathie démesurée.
Et pour cause, ceux-ci célébraient déjà sans retenue un doom
pachydermique, bestial et quasi tellurique, aux relents suicidaires
exacerbés, sorte de voyage sans retour annoncé, à la manière
du My Dying Bride de "Turn loose the swans" ou de l'Anathema
de "Crestfallen". Belles références s'il en est, vous en conviendrez
aisément. La lumière a donc déjà disparu depuis un certain temps
en Irlande, j'en suis maintenant convaincu, car il faut faire
preuve d'une certaine prédisposition à l'obscurité pour accoucher
une nouvelle fois d'un album aux frontières de ce qui est encore
vaguement humain et ne l'est plus. M'est avis que le soleil
ne doit pas percer plus de quelques minutes par jour, juste
le temps de profiter d'un maigre rayon avorté, entre deux averses
froides mais revigorantes.
Mais toutes ces comparaisons subjectives ne sont pas suffisantes
mieux comprendre ce qui peut se passer dans la tête de ces cinq
individus à l'allure de corbeaux, rongés par de multiples sentiments
morbides et suicidaires. Car celui qui n'a jamais écouté Mourning
Beloveth ne peut s'imaginer cette chape de plomb épaisse et
glaciale qui vous tombe dessus sans crier garde, cette glue
noirâtre et poisseuse qui s'empare de votre esprit insidieusement,
cette sensation ultime de non-vie qui se dégage à l'écoute de
l'un des ses trois albums. D'autant plus que celui-ci est aussi
bon que les deux premiers, et tout aussi irrésistiblement et
intensément noir. Faisant la part belle à un doom/death sous
sa forme la plus primaire, la plus jouissive et la moins accessible,
Mourning Beloveth en rebutera certaines par son caractère extrême,
mais il séduira à coup sûr ceux et celles en quête de sensations
fortes, attirés par le côté sombre des choses.
"Murderous circus" est la dernière missive d'êtres désespérés,
adressée avec dédain aux humains, avant le grand départ pour
les terres infinies… |