

Mors Principium Est - "Liberation=Termination"
- GPS, emmène-moi au pays de Mors Principium Est...
- Nous irons donc aujourd'hui en Finlande et plus particulièrement à Pori d'où est originaire le groupe.
Pour la culture générale, comme d'hab, la ville de Pori, fondée sur l'estuaire de la rivière Kokemäenjoki en 1558, est la dixième ville de Finlande en terme de population. Véritable pôle universitaire, Pori est la capitale de la région Satakunta, au Sud-Ouest de la Finlande, une des régions les plus industrialisées. La région de Pori est réputée pour son Festival international de jazz (peut-être bien qu'on s'en fout un peu mais dans un repas de famille ou autres mondanités, ressortir ça pourrait être du meilleur effet, alors vous pouvez en prendre note, sait-on jamais...)
- Dictionnaire, peux-tu me dire ce que signifie « Mors principium Est » ?
- Oui, cela signifie en latin « La mort est le commencement ».
Donc Mors Principium Est sort normalement là son dernier album chez Listenable qui les avait signé pour trois albums. Qu'en est-il à ce jour ? Je n'en sais pas plus, pour tout dire...
Après un premier opus plutôt réussi (« Inhumanity »), suivi d'un second album encore meilleur (« The Unborn »), arrive cette dernière offrande réellement excellente.
Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi parfois on peut plébisciter des groupes qui sont totalement dénués d'intérêt, alors que là MPE semble à mon sens ne pas avoir eu le succès qu'il mérite, car on ne parle pas plus de ce groupe que cela. Pourtant leur musique est de qualité et apporte beaucoup de fraîcheur à un style en voie de banalisation.
On peut les étiqueter directement dans le death mélodique, mais celui-ci, bien qu'inspiré, n'est pas véritablement comparable à Dark Tranquillity ou In Flames (époque death mélodique et pas modern rock mélo). Le style est suédois évidemment, mais même si le tout reste mélodique, technique et vraiment puissant, ce qui en ressort c'est la rapidité et le fait que les morceaux sont hyper agressifs en majorité agrémentés de petits passages mélodiques qui surfent sur la continuité agressive (je ne sais pas si je suis bien clair, là ?!).
Je veux dire que les compositions sont chacune très mélodico-brutales ; mais à l'intérieur, il y a des passages où, bien que cela continue d'être violent, la lead guitare se fait plus fluide et se détache du reste pour donner une atmosphère sublimant le titre. On le constate immédiatement dès « The Oppressed Will Rise ».
Qu'est-ce qui apporte de la fraîcheur ?
C'est aussi ce côté un peu électro qu'on peut écouter au début et tout au long de « The animal within ».
Mais aussi, Mors Principium est riche en émotions ; chaque chanson donne des frissons, du plaisir et procure le même effet que le chocolat, à savoir la sécrétion d'endorphines.
Ces émotions sont flagrantes sur des titres comme « Cleansing Rain » où les riffs sont de toute beauté et le refrain si prenant.
Petit reproche malgré tout sur l'intrumental « Forgotten » qui, bien que superbement chaleureux et sensuel, semble avoir été peut-être honteusement inspiré (mais il est possible que je me fourvoie) par l'instrumental en guise d'intro « Enter the machine » d'Arch Enemy sur « Doomsday Machine ».
On appréciera particulièrement les breaks planants comme sur « Sinners Defeat » où les nappes de claviers, sans trop d'abus, viennent adoucir et ralentir le tempo pour que celui-ci reparte de plus belle sur des soli interminables de générosité et de splendeur.
Mors Principium Est est très bon dans sa catégorie, on est au niveau des poids lourds ; l'évolution faite au cours de ces trois albums est bluffante tellement elle a été rapide.
« The distance Between » rajoute une couche dans la profondeur de son esthétisme musical.
Sur « Terminal Liberation », on retrouve cette voix féminine entendue au début de « The animal within » qui a été moins mise en évidence que sur certains morceaux du précédent album « The Unborn ». L'utilisation faite est similaire au chant qu'on pouvait entendre dans le film avec « Leeloo » (avec Bruce Willis et Mila Jovowitch, je vous laisse chercher), quand la diva fait son show.
On termine sur un deuxième instrumental pour clore l'album.
Au niveau du son, je ne suis pas déçu non plus ; tous les instruments ne perdent pas de puissance, tout est limpide et l'intensité ne fait qu'augmenter au cours de l'album.
En ce qui concerne le packaging, celui-ci propose une pochette noble, pas des plus belles dans le dessin et la représentation, mais le jeu des couleurs est quand à lui bien trouvé.
Au total, 11 titres en comptant les instrumentaux qui finalement se situent au début en milieu et en fin de parcours. Un pur moment de plaisir.
Maintenant, qu'advient-il du groupe depuis le départ de Jori Haukio à l'origine de ces chef-d'oeuvres remplacé par Tom Gardiner ?...
En tous les cas, MPE, c'est du vrai death mélodique, pas du truc à gamins comme ce qu'il se fait depuis un certain temps maintenant, je ne citerai aucun groupe. On est dans le monde de la scène suédoise mélo, mais avec une identité propre et véritablement différente et singulière. La voix, ce n'est pas du émo machin-chose ou screamo bidule, mais une voix de death tantôt plus gutturale, tantôt blackisée, mais une vraie voix de death mélodique.
J'espère que le groupe ira plus loin et proposera encore d'autres bons albums tels que celui-ci.