Nouvelle
orientation stylistique du label grec (plus habitué aux rythmiques
démoniaques du metal extrême) ? Volonté d'exporter ses produits
à de nouvelles esgourdes en mal de nouveautés ? Ardent désir
de donner un coup de pouce à des compatriotes méritants ?
Le(s) mystère(s) restent entiers… Et finalement, peu importe
les raisons qui ont poussé Black Lotus à signer ce groupe,
le principal restant la qualité du produit fini et son pouvoir
de séduction sur l'auditeur incrédule. Son aptitude à surprendre
et séduire. Malheureusement pour notre sympathique duo, c'est
sur ce point que le bât blesse.
Je
m'explique, Morning After œuvre dans un néo metal teinté de
légères touches gothic, sorte d'hybride entre un Crematory
essoufflé et un HIM plus viril et bas du front. Le postulat
de départ n'est donc pas mauvais après tout ! Mais la sauce
peine à prendre, le tout est encore trop " vert ", trop classique
à mon goût et dénote un potentiel créatif quelque peu limité
pour le moment. Ce n'est d'ailleurs pas le chanteur, à l'accent
grec imparable, qui relèvera l'impression générale tant celui-ci
réduit à néant les possibilités d'exportation éventuelles
de cet album. N'étant point mesquin et encore moins avare
de compliments envers ce genre de groupes, il faut tout de
même lui reconnaître de bonnes idées ci et là (les mélodies
entêtantes de " Asthenia " et " Beneath the real " par exemple)
et une production plus qu'honnête qui colle fort bien au style
pratiqué. Mais cela ne suffit pas à sauver ces Hellènes d'un
naufrage prémédité, synonyme de second album quitte ou double.