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Premier véritable album de cette vénérable formation canadienne, "Progressive darkness" se veut le reflet musical de ces âmes tourmentées, torturées par le blizzard, obnubilées par le noir le plus total et glacées par des vents drapés dans d'épais flocons de neige. De ce fait, l'auditeur curieux ne sera pas surpris d'être rapidement confronté à un gothic/doom des plus agréables, teinté de nombreuses influences heavy du meilleur acabit, la faute peut-être à ces conditions de vie marqué par une absence prolongée de soleil et un enneigement des plus significatifs. Mais, trêve de considérations météorologiques, car la musique est à la hauteur de ce que l'on pouvait imaginer à la suite de cette description polaire quelque peu exagérée (bien que cela ajoute un charme évident à Moonlyght, les apparats du Grand Nord en quelque sorte !). Fine, souple et travaillée, celle-ci évolue à travers des contrées métalliques diverses et variées tout en s'assurant une homogénéité de bon aloi, qui lui confère une crédibilité essentielle pour pouvoir aller plus loin que le simple stade du groupe amateur, encore à la recherche de son style. Les vocalises black placées ci et là aux côtés d'envolées folk lyriques apportent elles aussi leur petit plus à ce metal gothique (et technique), qui ne se contente pas de re-pomper bêtement les enseignements des grands anciens. N'omettons pas de préciser que la production est d'une clarté remarquable, puissante à souhait, tout étant suffisamment précise pour laisser le champ libre à la mise en place des claviers. Qui, soit dit en passant, sont ici réellement utilisés à leur juste mesure, en omettant de servir de simple cache-misère à un ensemble médiocre ou à une production indigente. D'ailleurs combien de formations se contentent d'étaler leurs claviers dans cette simple optique, risible et pathétique ? Enfin, cela n'est (heureusement) pas le cas avec Moonlyght, qui ne recoure en rien à ce genre d'artifices foireux. D'autant plus, que pour compléter ce tableau idyllique, ses membres se permettent d'aligner également de très beaux solos, des rythmiques ciselées couplées à de magnifiques breaks (intelligents de surcroît) et d'afficher un niveau technique qui suscitera à coup sûr jalousies et quolibets de la concurrence potentielle. Mais qu'importe ! N'est ce pas là la marque des futurs grands groupes, qui seront amenés à composer et proposer quelque chose de neuf alors que ses compères se vautreront encore dans leur fange pseudo-symphonique pendant de longues et nombreuses années ? |