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"Your vision..." est un album d'un extrême raffinement où la voix hurlée de Patrick Wirén sur "No exit" n'est qu'une fausse piste tant le reste de l'album n'a pas besoin de ces artifices pour retranscrire avec une fidélité effrayante le malaise qui a de toute évidence présidé à sa création. On sent que tout peut exploser à n'importe quel moment. Il en résulte une tension, une impression que le groupe se balade en équilibre sur une lame de rasoir à deux cents mètres d'altitude. Cet album est ainsi assurément ce que Misery Loves Co. a produit de plus sombre dans sa carrière et au vu de la noirceur qui s'en dégage, on comprend dès lors mieux le split du groupe après sa sortie. Tout le monde n'a pas la force de caractère d'un Trent Reznor, et pour 99 % des êtres humains, la tension est une chose destructrice. Misery Loves Co. n'a pas échappé à la règle. Ce disque est donc littéralement un chant du cygne. Les dix morceaux qui le composent sont de toute beauté et Patrick Wirén fait une épatante démonstration vocale tandis qu'Örjan Örnklö s'affiche comme l'égal de Jerry Cantrell dans la création de riffs pesants et aliénants. Les effets électroniques sont désormais réduits au minimum et il ne subsiste dès lors plus que l'essentiel : la puissance et l'émotion. "Your vision was never mine to share" n'est rien d'autre qu'un très grand album de heavy-rock moderne et habile, épitaphe d'un des groupes les plus doués de sa génération et dont l'oeuvre est marquée du signe d'une cohésion inaltérable. |