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Non contente de dominer outrageusement la scène death metal des années 90 en Europe, la Suède se permettait en cette année 1995 de catapulter dans la scène indus-metal un groupe de très grande tenue et, pour tout dire, aux allures de prédateur insatiable. Ce premier album de Misery Loves Co. frappe ainsi par son côté sauvage et semble émaner d'un groupe prêt à tout bouffer sur son passage. Les trois premiers titres comptent à cet effet parmi les plus féroces réussites en matière d'indus-thrash. Tout est bon : le chanteur possédé qui alterne voix suave et gueulantes quasi-death, guitares rugueuses comme un mur de parpaings et rythmique marteau ascendant enclume. J'avais à l'époque découvert ces trois titres sur une cassette promo qu'Earache offrait aux acheteurs de ses produits. J'avais été scotché. 7 ans après, l'effet demeure, et y compris à l'écoute des huit autres morceaux. Oh, certes, on décèle parfois quelques influences trop reconnaissables telles ces réminiscences Ministry sur le thrashy "This no dream" ou les éfluves Fudge Tunnel sur le mammouthesque "Private hell". Mais, d'une part, il est pires recommandations, d'autre part, tout ceci est fait avec un talent et une conviction tels qu'il faudrait réellement être très grincheux pour en tenir rigueur au groupe. D'autant plus que le reste de l'album fait preuve d'une étonnante originalité tenant à la capacité du groupe à doter ses morceaux soit de solides mélodies soit d'une énergie quasi-punk ("The only way"). L'ensemble dégage ainsi une mâturité rare pour un premier album et projette d'emblée Misery Loves Co parmi les poids lourds de la scène extrême des années 1990. Un véritable uppercut. |