

Minushuman - "Watch the World Die"
Indépendamment du fait que « Minus Human » soit un titre de Metallica que l'on peut écouter sur l'album « S&M », ce nom évoque également l'existence d'un groupe.
Minushuman est un de ces groupes qui font une musique Metal à qui l'on voudrait poser une étiquette mais qui finalement s'avère assez difficile à cerner, du fait des atmosphères et ambiances délivrées dans leur musique.
Je veux dire par là qu'ils sont un peu comme Paradise Lost, finalement comment qualifie-t-on « Icon » ou encore « Draconian Times » ?.... Ces albums sont péniblement classables dans un style propre.
« Watch the world die » est pour moi ce genre d'album. Même si on peut dire que la base reste thrash, les morceaux présents sur cet album ne restent pas confinés dans une catégorie spécifique de Metal pour s'y enfermer hermétiquement.
Sorti en avril 2008 de manière autoproduite, ce premier recueil de chansons mélancoliques et profondes est depuis peu disponible via Trendkill Entertainement/Season of Mist chez tous vos fournisseurs officiels...
L'écoute de leur musique m'a laissé tout simplement pantois, alors que je les découvrais juste à travers leur Myspace. C'est tout d'abord le son global des chansons qui m'a poussé à les découvrir encore plus, j'ai adoré ce son froid et glacial qui englobe l'intégralité des morceaux. Car c'est en effet ce qui ressort en tout premier dans la musique de Minushuman, on se prend un impact de puissance en pleine face dont on a du mal à se relever. Comme je le disais à Thomas (cf. interview), ce côté glacial est pour moi extrêmement proche de l'aspect froid et hostile que Coroner pouvait proposer sur certains de leurs morceaux tels que « Paralized, Mesmerized » ou « Metamorphosis », mais tout ceci est subjectif. Je ne parle que de l'atmosphère et non pas des structures des morceaux ou de la complexité de ces derniers.
« Watch The World Die » propose donc 9 titres qui pendant 49 minutes ne cessent de vous assaillir de rythmiques incessantes et de mélodies qui, bien qu'elles soient agressives, sont poussées vers une mélancolie morbide.
Ces titres sont de longueur plus que raisonnable, puisque le moins long fera 4'14 minutes et que le plus long flirtera avec les 7 minutes.
L'ouverture se fait avec le titre « Liquid », très bonne chanson représentative de ce que l'on pourra apercevoir tout au long de l'album. La force de Minushuman réside dans leur capacité à alterner des passages plus rapides, voire presque death, et des énormes ambiances plus lentes et lugubres qui ensorcèle l'auditeur, le résultat est probant en concert je peux vous l'assurer.
La voix de Cedric, le chanteur hurleur fait partie des voix également qu'on a du mal à délimiter. Cela se vérifie sur « The six mass extinction », où on oscille entre un chant hurlé et puissant mais pas guttural, entre le thrash et le death alors que sur « All keeps falling down », on a véritablement une démonstration de voix death, ou encore sur « Empire » avec des intonations black/death.
Il est en fait assez difficile de décrire les chansons ; le style de Minsuhuman fait que, malgré plus de quinze écoutes, bien que l'on retienne les rythmiques principales au moment de celles-ci et que l'on se laisse envoûter (car c'est bien de cela dont il s'agit), à la fin l'album on se demande ce que l'on vient d'écouter, et alors on se repasse un nouvelle fois ce dernier. Cela devient rapidement un état d'addiction.
Effectivement je ne taris pas d'éloges en parlant de ce groupe, mais c'est simplement qu'il m'a fortement plu dans leur manière de composer. Oui, certains pourrons dire que leur musique n'apporte rien de nouveau, qu'on a déjà entendu ça.... Peut-être... Mais la nouveauté c'est la sensation que cela procure, et pas besoin de faire du Fantômas pour exister; c'est la recherche de cette mélodie qui procure l'atmosphère sinistre à travers les assauts rythmés que Minushuman nous propose et ça me va amplement.
Les chansons emblématiques de l'album sont pour ma part « Liquid », « Empire », « All Keeps falling down » parce que celles-ci ont le plus de personnalité et aussi « Time zero »et « Watch the world die » parce que celles-là sont hyper proches d'un death/thrash mélodique de grands malades, où il n'y a rien à redire au niveau guitares et batterie et où Cedric prend un timbre beaucoup plus guttural que j'aime beaucoup.
En ce qui concerne le packaging, celui-ci complète véritablement la volonté de Minushuman d'offrir un monde mélancolique et sordide. La pochette de cette maison à l'abandon avec des couleurs mortes façon « Saw » ou « tueur en série vivant en Europe de l'Est », est directement liée au contenu du booklet agrémenté de photos aussi dépressives et dérangeantes, pendant que les paroles offrent un regard réaliste mais également pessimiste, voire fataliste sur notre monde...
Le premier album de Minushuman est réellement un bon album, sincère, avec tous les ingrédients qui font que leur musique est intéressante et honnête. Si l'on doit regarder le monde mourir, soit, mais on peut le faire avec leur musique dans les oreilles...