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MINISTRY "Houses of the Molé"
(sanctuary records)
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Confort. Démagogie et conformisme. Tels sont les mots dont je pensais qu'ils ne me viendraient jamais à l'esprit à l'écoute d'un album de Ministry.... De l'avis de tous, ce nouvel album "tue la mort"... Voir... Qu'il ait la pêche, il faudrait être d'une bien triste mauvaise foi pour ne pas l'entendre. Qu'il soit bien produit, bien foutu, percutant : nul ne le contestera, pas moi en tout cas. Qu'il apporte la moindre once d'innovation dans le patrimoine ministériel, ceci est revanche exclu. Jourgensen, désormais seul aux commandes, a délibérément choisi de se replonger 12 ans en arrière en agitant frénétiquement et ostensiblement certains des attributs qui avaient fait de "Psalm 69" l'un des disques les plus violents jamais édités. Mais aussi, l'un des plus noirs. Or, ici, de noirceur, il n'est nullement question. Tout va très vite, le thrash côtoie allègrement le punk, la voix est agressive, les guitares rugissent. Mais la machine tourne un peu à vide. Confort, donc, de l'utilisation de vieilles ficelles ayant, ô combien, fait leur preuve. Mêmes structures syncopées dans "W TV" que dans "TV II". Même effet de cavalcade sur "Waiting" que sur "Jesus built my hotrod". Mêmes grognements sur "Worthless" que sur "NWO"... Et ainsi ad lib. Je le répète, l'efficacité du processus n'est pas en cause. Mais on sait désormais ce qu'apportaient respectivement Jourgensen et Barker : le muscle et la matière grise. Ministry a récupéré des pec'. Il faut désormais qu'il songe à réinsuffler un peu d'esprit dans sa musique. Car la comparaison avec "Psalm 69" est tout de même cruelle si l'on se remémore les torrents de malaise qui s'écoulaient de ce disque historique. Au lieu de ça, Jourgensen s'amuse à tirer sur l'ambulance en embouchant la trompette déjà pleine de glaviots de l'anti-bushisme, ce qui n'est pas d'une originalité débordante surtout pour nous autres Français, qui sommes déjà nourris à ce lait à longueur de commentaires. Démagogie et conformisme, donc. "Houses of the molé" n'est pas pour moi un grand album de Ministry. Tout juste une honnête resucée de la sublime offrande qu'ils firent au monde un jour orageux de 1992 et que, 12 ans après, je continue à découvrir avec ravissement. Et je vais sérieusement pister ce que fait désormais Barker de son côté.
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - juin 2004