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Après les injustes, car trop concertées, critiques subies par "Filth Pig", Ministry ne s'est pas affolé, et, sans faire preuve d'immobilisme, n'a toutefois pas totalement changé son fusil d'épaule. Ce qui prouve leur force de caractère. En effet, ce "Dark side of the spoon" (le jeu de mot qui tue !) reprend à bien des égards les épanchements heavy entendus trois ans auparavant ("Whip And Chain", "Bad Blood"). La nouveauté, car il en est tout de même une, réside dans la reprise des expérimentations avec le dissonant "Eureka Pile", le rock'n'roll "Step" ou ce "Nursing Home", avec banjo et saxophone. Ministry s'essaye également à la tristesse avec les très sombres et très beaux "Kaif" et "Vex & Siolence". "10/10" est quant à lui conforme à la grande tradition doom-indus qui a fait la réputation du groupe avec des titres tels que "Scarecrow" ou "So what", en y ajoutant cependant une partie assez déjantée de saxo, instrument dont c'est donc le grand retour. Suivent 60 plages de silence qui nous amènent à la plage 69, chiffre fétiche du groupe, et qui n'est rien d'autre que l'enregistrement d'une jouvencelle qui chante une chanson débile au téléphone. Une fin en pied de nez de la part d'un groupe qui ne se sent plus soutenu. Ce qui est injuste. |