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Chronique et review de l'album This Present Wasteland de Metal Church.

Metal Church

"This Present Wasteland"

(spv - steamhammer - 2008)

pochette de l'album This Present Wasteland de Metal Church image élargie - pochette de l'album
Metal Church - "This Present Wasteland"
Si le nom de Metal Church n'évoque rien pour vous, c'est que, dans l'absolu, ce groupe n'a jamais eu l'impact escompté sur la communauté Metal et, en particulier, la communauté heavy/thrash. Pourtant, existant depuis le tout début des années 80's, leur musique (même si parfois elle n'a pas laissé de traces indélébiles) a laissé malgré tout quelques bonnes marques.

Je parle bien évidemment de leurs premiers albums tels que le premier album éponyme et « The Dark », mais pas seulement de ceux-ci puisque celui qui a le plus tourné dans mon lecteur cassette à l'époque, c'était le fabuleux « Blessing In Disguise ». A cette époque, Metal Church était pour moi un groupe plein d'émotions, plein de ressources musicales. Il apportait quelque chose d'autre: leur feeling, leur musicalité étaient à toute épreuve sur des morceaux comme « Fake healer » ou « Anthem to the estranged ». A suivi ensuite le très bon album qu'est « The human factor »; malheureusement pour Metal Church, la scène Metal a très vite évolué avec tous ces styles naissants, en développement constant, ce qui a eu pour effet non pas de laisser Metal Church aux oubliettes mais de les mettre un peu en retrait, afin que seuls quelques « aficionados » puissent profiter de leurs offrandes. C'est ainsi que pour moi, en tous les cas, les « Hanging in the balance », « Masterpiece », « Weight of the world » et autre « A light in the dark », j'y suis passé entièrement à côté musicalement, tout en connaissant leur existence.

Ils sont originaires de Seattle et existaient donc bien avant que l'on parle de la scène de là-bas, et par conséquent, n'ont rien à voir avec des groupes comme Pearl Jam, Nirvana, Soundgarden ou encore Alice in Chains.

Metal Church, c'est depuis toujours du heavy/thrash avec des mélodies profondes et un chant subséquent. Justement, au niveau du chant, nous avons pour la troisième fois Ronnie Munroe, présent à cette fonction depuis « The Weight Of The World », puisque David Wayne et Mike Howe chantaient en alternance dans les autres albums. Ceci-dit, même si le chant de Ronnie Munroe n'est pas mauvais, j'ai toujours eu une préférence pour Mike Howe.

Au niveau pochette, on retrouve une fois de plus le symbole récurrent qu'est leur guitare. Cette fois, elle se fait plus discrète puisqu'on la distingue seulement en ombre de cette unique croix présente dans ce champ désertique.

Au niveau de la durée, c'est pareil, ils restent fidèles à leur ligne de conduite puisque, depuis « Blessing in disguise », tous leurs albums durent plus de 50 minutes pour osciller entre 50 et 60 mn. Ici, on ne déroge pas à la règle puisqu'on a droit à un album de 57 minutes.

On commence l'album avec un riff plutôt proche d'un « Creeping Death », qui annonce la volonté de Metal Church de perdurer dans ce style de musique qui leur est cher.

La suite se révèle sans trop de surprises, c'est du bon Metal Church avec ses passages rythmés mi-tempos accompagnant une mélodie assez lente et très mélancolique comme sur « Deeds of a dead soul », où l'on replonge dans le monde de « Badlands » (sur « Blessing in disguise ») et de « Watch the children play » (sur « The dark ») aux limites bizarres d'un Crimson Glory époque « Strange and beautiful ».

Mais Metal Church sait aussi se montrer plus brutal avec « Meet your maker » où la rage se fait sentir ; j'ai même l'impression sur certains vocaux de ce morceau d'entendre Bobby "Blitz" Ellsworth d'Over Kill. Mais à mi-parcours, comme dit l'adage « chassez le naturel, il revient au galop », on retrouve cette musicalité atypique qui reprend le dessus.

L'album est construit de manière à varier les intensités, avec parcimonie dans le choix des morceaux mais aussi à l'intérieur de ces derniers afin de ne pas trop compacter telle ou telle accélération ou passage lent.

J'ai bien apprécié « Mass hysteria » pour son côté groovy/mélodique. Je remarque également que, finalement, du line-up d'origine, il ne reste plus que Kurdt Vanderhoof aux guitares, ce qui me fait m'interroger sur le fait que ce ne soit pas très bon de changer trop souvent de line-up, on peut y perdre un identité propre, bien qu' il semble que ce ne soit pas vraiment le cas car l'essence du Metal Church des débuts est vraisemblablement bel et bien présente.

On n'a pas eu droit à une chanson influencée ballade mais l'ensemble reste cohérent avec la carrière du groupe. Personnellement, je trouve que c'est un bon album de Metal Church qui me fait renouer avec le groupe, mais est-ce suffisant pour le reste du monde ?

Après moultEs et moultes écoutes attentives, je n'ai pas ressenti la flamme permettant de réchauffer mon âme avec cet album; comme je l'ai dit plus haut, c'est un bon album de Metal Church, qui incite l'auditeur à investir dans son achat ; mais attention, peut-être pas n'importe quel auditeur, un public averti certainement, un public qui connait bien ce groupe. Celui-là ne sera pas déçu, mais le profane ne sera quant à lui pas interloqué par la musique de Metal Church et passera plus facilement son chemin...

Arzhu Decibels Storm - septembre 2008
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