J'ai
délibérément choisi de faire cette chronique couplée pour
la simple et bonne raison que ces deux groupes sont signés
sur le même label et que leur musique est relativement similaire.
N'y voyez pas la le signe d'une fainéantise poussée à son
paroxysme, mais plutôt une volonté réelle de faire quelque
chose de sensé et d'appréciable pour l'auditeur - ou auditrice,
c'est selon - potentiel(le).
Bref, ces deux groupes, français si je ne m'abuse, délivrent,
chacun à leur manière, un metal hypnotique, dense puissant
et définitivement noisy. Et au bout du compte, relativement
proche l'un de l'autre, surtout pour Spinning Heads, du géant
américain Botch. D'où l'intérêt de cette chronique doublée
(quand je vous disais que celle-ci était justifiée !).
De plus, les deux possèdent une excellente production, en
parfaite adéquation avec les ambitions torturées et malfaisantes
clairement énoncées à l'écoute de leur galette respective.
D'ailleurs, on ne sera pas surpris par celle-ci, puisqu'elle
est signée Serge Morattel, heureux propriétaire des studios
du même nom à Genève, gage de qualité s'il en est. Enfin,
ne nous égarons pas, et revenons à ce qui nous intéresse avant
tout, la musique.
Membrane propose
six titres extrêmement bons, bruyants et véritablement empreints
d'émotions contrastées, jonglant perpétuellement avec le feu
et l'eau, le bien et le mal, la joie et la tristesse, tout
cela aboutissant finalement à un condensé de sentiments profondément
humains. A aucun moment l'on ne peut être indifférent à ce
mélange réfléchi et abouti de sonorités proches de Neurosis,
la lourdeur en moins, la clarté en plus et d'ambitions métalliques
avouées par ces riffs tranchants et incisifs. Ce "Utility
of useless things" constituera donc un véritable régal pour
celui ou celle qui apprécie les groupes nommés un peu plus
haut.
Le
cas de Spinning Heads
est similaire, à de nombreux égards, à celui de Membrane.
Mais ce qui le différencie principalement est cette approche
résolument plus metal de la chose. En effet, même si l'on
retrouve ici ces rythmiques torturées et maléfiques et lourdement
saturées, des parties de batterie plus enjouées, des vocalises
plus nerveuses et une exécution plus sauvage sont à dénoter
et apportent une dimension plus puissante à l'ensemble. D'ailleurs,
il est incontestable que l'ombre de Botch est omniprésente
tout au long de ces dix titres, qui ne sont pas pour autant
qu'une simple et pale copie de l'œuvre des yankees, fort heureusement,
mais une relecture personnelle, attentive et passionnée.
Je
n'aurais donc qu'un mot, à l'attention de tout les fans de
metal émotionnel et varié, procurez-vous sans plus attendre
ces deux pièces de choix.
Commencez votre périple par Membrane, histoire de vous chauffer
les oreilles, puis enchaînez sans attendre sur Spinning Heads,
pour achever ces mêmes conduits auditifs. Vous verrez, cette
expérience est enrichissante à plus d'un titre.